La Réunion : Adoption en commission de la proposition de loi sur les enfants dits « de la Creuse »

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La Réunion : Adoption en commission de la proposition de loi sur les enfants dits « de la Creuse »

La proposition de loi visant à la reconnaissance et la réparation financière des mineurs réunionnais transplantés dans l’Hexagone entre les années 60 et 80, et de leurs familles, portée par la députée de La Réunion Karine Lebon (GDR), a été adoptée ce mardi après-midi en commission des affaires sociales.

« C’est une première étape majeure vers la reconnaissance et la réparation financière des survivants et de leurs familles. L’adoption du texte devra être confirmée la semaine prochaine dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale » a salué la députée réunionnaise dans un communiqué. Pour rappel, pendant 22 ans, entre 1962 et 1982, 2 014 enfants réunionnais ont été arrachés à leurs familles et leur terre natale, pour être déportés dans les départements ruraux de l’Hexagone, et officiellement pallier l’exode vers les grandes villes.

« Ces enfants, arrachés à La Réunion puis envoyés dans l’Hexagone, ont subi le déracinement, la rupture des liens familiaux, des placements brutaux, parfois la maltraitance, l’exploitation, les humiliations et la stigmatisation » a rappelé Karine Lebon. « Beaucoup ont grandi loin de leurs repères et portent encore aujourd’hui les conséquences sociales, psychologiques et familiales de cette politique ».

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« Cette adoption en commission, c’est la preuve que la persévérance peut faire bouger la République. Nous n’effaçons pas les blessures mais nous ouvrons enfin une voie de justice et de réparation », a ajouté la députée, qui rappelle qu’un « travail de réécriture mené avec le gouvernement a permis d’aboutir à un texte de compromis, fidèle à l’exigence de justice portée depuis des années par les survivants et les associations ».

L’examen en séance publique interviendra les 28 ou 29 janvier, en semaine transpartisane, avant transmission du texte au Sénat. Karine Lebon appelle l’ensemble des députés, au-delà des appartenances politiques, à confirmer l’adoption de cette proposition de loi : « Il n’y a pas de réparation possible sans vote, pas de dignité sans reconnaissance, pas de République pleinement à la hauteur sans actes » rappelle Karine Lebon.