Antilles : Les forces armées confirment l’intensification de la lutte contre le narcotrafic en 2025

© Forces Armées aux Antilles

Antilles : Les forces armées confirment l’intensification de la lutte contre le narcotrafic en 2025

Présentes en Martinique, en Guadeloupe, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, les Forces armées aux Antilles (FAA) assurent la protection du territoire national et contribuent à la coopération militaire régionale. Leur dispositif interarmées, à dominante aéromaritime, rassemble plus de 1.400 civils et militaires et permet des déploiements rapides en cas de crise sécuritaire ou de catastrophe naturelle dans l’arc antillais.


Le théâtre d’action des FAA couvre une zone maritime de 138.000 km², s’étendant des côtes de la Floride à la pointe nord du Brésil. Cet espace, qui englobe l’ensemble de la mer des Caraïbes et une large partie de l’Atlantique, constitue un carrefour majeur pour les flux de stupéfiants. Les cargaisons, en provenance notamment de pays d’Amérique du Sud comme la Colombie, le Venezuela ou le Pérou, sont destinées à l’Amérique du Nord, à l’Afrique ou à l’Europe.


Des résultats en hausse pour la deuxième année consécutive

Après une année 2024 déjà record avec 28 tonnes de stupéfiants saisies, les FAA ont enregistré en 2025 des résultats encore supérieurs. Dix opérations ont permis d’intercepter 35,7 tonnes de produits stupéfiants, dont près de 31,8 tonnes de cocaïne et 3,9 tonnes de cannabis.
Ces chiffres traduisent à la fois l’ampleur du trafic transitant par la zone antillaise et l’intensification des opérations de contrôle.
À titre de comparaison, 9,3 tonnes de saisies avaient été effectuées en 2021, 3,4 tonnes en 2022, 11 tonnes en 2023, et 28,4 tonnes en 2024.


Des moyens aéromaritimes dédiés

Pour mener ces interceptions, les FAA s’appuient sur les capacités de la Marine nationale. Le dispositif comprend notamment des patrouilleurs Antilles-Guyane, des hélicoptères embarqués Panther, des équipes spécialisées d’intervention maritime (ESIM) et un avion de patrouille maritime Falcon 50, utilisé pour la surveillance et la détection à longue distance.

Une coordination nationale…

Les opérations s’inscrivent dans le cadre de l’action de l’État en mer, sous l’autorité du préfet de la Martinique, délégué du Gouvernement pour l’action de l’État en mer, et du commandant supérieur des FAA. Le renseignement joue un rôle central : les forces armées s’appuient sur les informations fournies par la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) et l’Office antistupéfiants (OFAST). La judiciarisation des affaires est ensuite assurée en lien avec la Juridiction interrégionale spécialisée de Fort-de-France, afin d’apporter une réponse pénale aux trafics constatés.

… Et internationale

Dans un espace maritime aussi vaste, l’action des FAA repose également sur des partenariats internationaux. Les forces françaises collaborent étroitement avec la Joint Interagency Task Force-South, structure américaine basée à Key West, ainsi qu’avec le Maritime Analysis and Operations Centre de Lisbonne. Cette coopération s’étend aux dispositifs régionaux, comme le Regional Security System, et à des relations bilatérales avec plusieurs États de la Caraïbe et d’Amérique du Sud.

Le bilan 2025 confirme que la lutte contre le narcotrafic dans les Antilles met en avant une augmentation significative de l’efficacité des moyens de lutte, marquée par l’adaptation constante des réseaux criminels et par la nécessité d’une coordination étroite entre acteurs nationaux et internationaux.