La Socredo, la Banque de Tahiti et la Banque de Polynésie ont signé ce vendredi un nouvel accord de modération de leurs tarifs sous le contrôle de l’IEOM et du Haut-commissariat. Le document, auquel sont aussi associés Marara Paiement et Niupay, prévoit le gel, pour trois ans, d’une vingtaine de tarifs, la gratuité des abonnements permettant la consultation des comptes en ligne, ou encore le maintien du dispositif d’inclusion bancaire. Un « bel effort » salué par l’État ou l’association de consommateurs Te tia Ara, mais qui ne concerne pas tous les tarifs bancaires, qui n’inclut pas les comptes d’entreprises, et qui ne met toujours pas les prix polynésiens au niveau de ceux de la métropole, voire, sur certains tarifs, de ceux de la Calédonie. Détails avec notre partenaire Radio 1.
Échanges de poignées de main et de parapheurs, ce vendredi matin au Haut-commissariat. Depuis 2014, la réglementation impose des discussions entre les différentes banques de la place pour tenter de s’accorder sur des mesures favorables au pouvoir d’achat des usagers. L’objectif : rapprocher de la métropole un panel d’une vingtaine de tarifs bancaires, tels que les frais de tenue de compte, de virement, d’émission de cartes ou de chéquier, ou certaines commissions d’intervention… La Socredo, la Banque de Tahiti et la Banque de Polynésie, ainsi que les établissements de paiement Marara Paiement (OPT) et Niu Pay, qui ne sont pas des banques mais se sont associés à ce travail, ont donc négocié ces derniers mois et se sont accordés, pour trois ans sur de nouvelles « modérations », actées avec le Haut-commissaire Alexandre Rochatte et l’Institut d’émission d’outre mer, puisque ces engagements seront contrôlés par les services de l’Etat.
« Ce sont des accords triennaux, dont le précédent venait d’être achevé, on a d’ailleurs fait le bilan qui permet de voir qu’il a été respecté. Et le nouvel accord, c’est un nouvel engagement notamment de geler leurs tarifs pour trois ans, explique Thierry Beltrand, le directeur de l’IEOM en Polynésie. Dans un contexte ou en métropole, les tarifs bancaires ont beaucoup augmenté, c’est un bel effort ».
Des efforts, mais des écarts
Un bel effort mais encore des différences importantes avec la métropole et la Nouvelle-Calédonie, où après plusieurs accords de modération et plusieurs années de négociations beaucoup plus tendues, et qui sont passées par plusieurs menaces de fixation des tarifs d’autorité par le Haut-commissariat, les tarifs sont généralement plus bas qu’au fenua. C’est notamment vrai pour les frais de tenue de compte évalués en moyenne par l’IEOM, et au 1er octobre 2025 à 4122 francs par an en Polynésie au 1er octobre 2025, contre 2108 francs en Nouvelle-Calédonie et 2599 francs dans l’Hexagone. Même constat pour le prix des cartes : 3864 francs pour une carte de débit en PF, 2897 en NC, 3422 en France – ou les abonnements aux services à distance. Les banques polynésiennes sont en revanche plus compétitives que celles de Nouméa sur les commissions d’intervention, ou les cotisations aux assurances perte et vol, et moins chères que la métropole sur quelques tarifs isolés, notamment ceux des virement occasionnels. L’IEOM publie chaque année un rapport précis sur le sujet.
Tout n’est pas gelé
Tous les tarifs bancaires ne sont pas gelés au terme du nouvel accord, loin de là. Les banques peuvent faire évoluer à la hausse leurs frais sur tous les services qui ne sont pas expressément cités par l’accord. Et peuvent bien sûr proposer des tarifs plus bas que les plafonds indiqués dans le document pour aller conquérir de nouveaux clients. En plus de la vingtaine de tarifs concernés, qui devront rester au niveau observé en octobre 2025, les trois banques polynésiennes se sont engagées sur la gratuité des abonnements permettant la consultation des comptes et certaines opérations de base sur internet. Le dispositif spécialement dédié aux personnes en situation de fragilité financière prévu par un accord précédent – un pack de service à 120 francs mensuels – est en outre maintenu. De leur côté, Marara Paiement et Niupay « s’engagent à exclure toute augmentation générale ou automatique des tarifs » de la liste citée dans l’accord, « et à ne procéder, le cas échéant, qu’à des ajustements tarifaires ciblés et modérés, après information préalable de l’IEOM ».
Pour les établissements de la place, il s’agit au passage d’être plus compétitifs face à des neo-banques qui n’ont pas à faire d’investissement dans un réseau d’agences ou de distributeurs localement, et qui ne « participent pas au développement économique du pays » comme le souligne le directeur général de la Socredo Régis Chang. Le président de l’antenne locale de la Fédération bancaire française rappelle que l’accord ne concerne que les particuliers, et donc pas les comptes d’entreprises. Il estime tout de même que ces tarifs seront poussés à la baisse par la concurrence.
À noter enfin qu’une nouvelle charte d’inclusion bancaire a été signée au passage pour renforcer « l’effectivité et la promotion du droit au compte en banque ».
Par Radio 1























