Plus de 700 000 personnes mal-logées dans les Outre-mer, selon la Fondation pour le Logement des Défavorisés

Plus de 700 000 personnes mal-logées dans les Outre-mer, selon la Fondation pour le Logement des Défavorisés

Plus de 700 000 personnes vivent dans des conditions de mal-logement dans les départements et régions d’Outre-mer (DROM), selon un rapport publié par la Fondation pour le Logement des Défavorisés. Cette estimation concerne les cinq DROM et met en évidence une situation jugée préoccupante et durable, marquée par une forte précarité sociale et une crise structurelle du logement.

Anciennement connue sous le nom de Fondation Abbé Pierre, la fondation intervient depuis plus de trente ans à La Réunion et mène également des actions à Mayotte, notamment avant et après le passage du cyclone Chido. En complément de ces actions de terrain, elle publie en 2026 son deuxième éclairage consacré au mal-logement dans les territoires ultramarins.

Des indicateurs en forte dégradation

Selon les données présentées, près de 8 000 personnes sont aujourd’hui sans domicile fixe dans les DROM. Dans certains territoires, des enfants ne sont plus pris en charge par le numéro d’urgence 115, faute de capacités d’hébergement suffisantes. La fondation évoque un déficit structurel estimé à 4 000 places, avec un taux d’équipement de 1,3 place pour 1 000 habitants, contre 3 places pour 1 000 habitants dans l’Hexagone. 

Le rapport estime par ailleurs qu’environ 150 000 logements sont considérés comme indignes, soit près d’un logement sur cinq (18 % des résidences principales), alors que cette proportion est inférieure à 2 % dans l’Hexagone. Les dispositifs existants d’amélioration de l’habitat sont jugés insuffisants face à l’ampleur des besoins, avec des conséquences sanitaires et humaines parfois graves.

Enjeux sociaux et politiques

La fondation souligne que les populations les plus touchées par le mal-logement sont les jeunes, les familles monoparentales et les personnes âgées. Elle alerte également sur le contexte politique, estimant que le sentiment d’abandon ressenti dans certains territoires peut favoriser la progression des idées d’extrême droite, jusqu’ici moins présentes dans les Outre-mer.

Dans ce contexte, la fondation appelle à un renforcement des politiques publiques afin de garantir une égalité effective des droits entre l’Hexagone et les territoires ultramarins, en privilégiant des réponses structurelles et de long terme.

Matthieu Hoarau, directeur régional de la Fondation pour le Logement Île de La Réunion et océan Indien : « Face aux conséquences dramatiques pour les personnes qui sont victimes du mal-logement, il est nécessaire et possible de faire d'autres choix politiques. Il est primordial de mettre à l'abri toutes les personnes en détresse, de produire des logements très sociaux, de lutter contre l’habitat indigne et résorber les bidonvilles, d’encadrer les meublés touristiques et les loyers ».

Intitulé Rapport sur le mal-logement dans les Outre-mer 2026, le document a été présenté et remis, durant la semaine du 9 février 2026, au ministère des Outre-mer ainsi qu’à l’Élysée.