Claude Gambey, membre du gouvernement en charge de la santé, et Jacques Billant, haut-commissaire, ont accueilli, ce vendredi 20 février, la première brigade de cinq soignants - médecin, infirmières et dentiste - de l'Ordre de Malte, qui va intervenir dans les zones en manque de personnel médical. Cette mission résulte de la signature d'une convention, en août 2025, entre Manuel Valls, alors ministre des Outre-mer, l'association et le gouvernement. Un sujet de notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.
Trois infirmières, un médecin et un chirurgien-dentiste. Voici la composition de la première brigade mobile de l’Ordre de Malte en mission en Nouvelle-Calédonie. La concrétisation d’une convention tripartite signée entre l’association, le gouvernement et le ministre des Outre-mer de l’époque, Manuel Valls, lors d’un de ses déplacements, le 22 août 2025, au centre médico-social (CMS) de Bourail.
L’objectif ? Pallier la pénurie de professionnels de santé dans les zones les plus touchées, pénurie qui s’est accélérée avec la crise de 2024 et « des départs non remplacés », souligne le haut-commissaire, Jacques Billant, venu les accueillir au gouvernement ce vendredi 20 février. « Ce problème d’attractivité a entraîné une dégradation de l’offre de soins, et donc une difficulté d’y accéder ». C’est dans ce contexte qu’a été noué le partenariat, l’année dernière, afin « de répondre aux besoins les plus urgents ».
Christian Deuwel, chargé de mission à l’Ordre de Malte, a assuré le recrutement des cinq soignants. « L’idée était de trouver des gens disposant à la fois des compétences demandées, et dotés de la volonté d’œuvrer pour un territoire qui a souffert ces derniers temps ».
Dans l’équipe, deux personnes connaissent la Nouvelle-Calédonie, une infirmière pour y être venue pendant le Covid, en soutien au CHT (lire par ailleurs), et un médecin pour y avoir effectué son volontariat à l’aide technique pendant un an et demi. « Tous les deux parlent de leurs souvenirs avec beaucoup d’émotion, parce qu’ils ont beaucoup apprécié le territoire, la population, ont établi des rapports humains chaleureux qu’ils ont hâte de retrouver. Les autres avaient la curiosité de connaître l’archipel », précise Christian Deuwel.
Trois mois
« L’équipe mobile va tourner sur l’ensemble du Caillou », explique Claude Gambey, membre du gouvernement en charge de la santé. « La pénurie est partiellement résorbée, mais on rencontre encore des difficultés dans les Îles, le Nord et l’Est ». La première destination des soignants est justement Maré, pour laquelle ils sont censés décoller lundi 23 février, si les aérodromes, bloqués ces vendredi 20 et samedi 21 février, sont à nouveau opérationnels, puis Ouvéa.
« Ensuite, ils iront un mois en province Nord, sûrement à l’extrême Nord et sur la côte Est, avant de se rendre dans le Sud, à Thio, Bourail, parce que le CMS absorbe une grande quantité de personnes qui viennent faute de médecins ailleurs, et puis La Foa », détaille Claude Gambey.
Il s’agit de la première des quatre brigades attendues en Nouvelle-Calédonie pendant un an, durée de la convention, chaque équipe intervenant sur place durant trois mois. Leur composition pourra être amenée à évoluer en fonction des besoins identifiés. Il est notamment question de recruter des sages-femmes. Le dispositif, encadré par la Dass (Direction des affaires sanitaires et sociales), est financé par l’État à hauteur de 163 millions de francs.
Emma Sad, infirmière : « Être au plus près de la population » « Je suis venue en mission trois semaines au CHT en 2021, pendant la Covid. C’était le moment où chaque hôpital en France devait mobiliser des infirmiers à envoyer dans les Outre-mer. Là, j’ai postulé auprès de l’Ordre de Malte, parce que je fais de la réserve sanitaire et que j’aime bouger pour apporter de l’aide où il y a des besoins. Et c’est vrai que j’avais beaucoup aimé la Nouvelle-Calédonie. Cette fois, le fait d’être en itinérance sur l’ensemble du territoire m’intéressait énormément, afin de pouvoir découvrir le pays et d’être au plus près de la population, parce que je pense qu’il y a une approche différente entre le fait de voir quelqu’un en blouse blanche dans un hôpital et quelqu’un dans un dispensaire. J’ai le projet de venir m’installer ici, donc c’était aussi une opportunité de mieux connaître la Nouvelle-Calédonie, qui a vraiment été un énorme coup de cœur. J’aimerais revenir plus tard, pendant plus longtemps. J’ai été marquée par l’accueil, c’est très chaleureux, on s’y sent bien, et puis la relation qu’on a avec les patients n’est pas la même que celle qu’on peut retrouver en Métropole, et ça m’attire beaucoup dans mon travail. Et puis l’île est magnifique, elle est incroyable. » |
Anne-Claire Pophillat pour Les Nouvelles Calédoniennes























