La Médiathèque musicale de Paris, située au cœur du Forum des Halles (Paris Centre), porte désormais le nom de Christiane Eda-Pierre, soprano française née en Martinique en 1932. L’inauguration officielle de cette nouvelle dénomination s’est tenue ce mercredi 18 février en présence de Patrick Bloche, 1er adjoint de la maire de Paris, Karen Taïeb, adjointe à la Maire de Paris chargée du patrimoine et de l’histoire de Paris, ainsi que de membres de la famille de l’artiste.
Si l’événement est présenté comme un changement de nom, il s’agit en réalité, selon Karen Taïeb, d’une première dénomination. « Cette médiathèque musicale n’avait pas de nom », rappelle-t-elle. Un choix symbolique, pensé comme un acte de reconnaissance et de transmission autour d’une figure majeure du chant lyrique.

Installée dans un lieu très fréquenté du centre de Paris, la Médiathèque musicale de Paris est un établissement entièrement dédié à la musique « sous toutes ses formes et pour tous ses usages ». Au-delà de ses collections, l’établissement revendique une mission de passeur et d’« ouvreur de pistes » dans un univers musical vaste et multiple.
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La médiathèque organise plus de 80 événements par an : concerts, conférences, expositions, ateliers, rencontres, débats, tournages ou happenings. L’objectif est clair : élargir l’horizon musical des usagers, avec une programmation qui peut aussi inclure des formats plus inattendus, comme des séances de yoga ou de tricot… en musique.
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Un hommage à une voix internationale et aux Outre-mer
Pour la Ville de Paris, le nom de Christiane Eda-Pierre s’est imposé comme une évidence. Karen Taïeb rappelle l’importance de l’artiste dans l’histoire musicale française : « une chanteuse internationale », décrite comme « la première soprano des Outre-mer » à avoir connu une renommée mondiale.

« Quand on donne un nom, et un nom aussi illustre, c’est aussi pour inspirer », souligne l’élue. Elle espère que ce choix permettra à de nouvelles générations de s’approprier cet héritage : ceux qui entreront dans la médiathèque pour écouter, étudier, réfléchir, ou s’imprégner de musique, pourront être touchés par « la richesse que nous donne la voix de Christiane Eda-Pierre ».
Une reconnaissance attendue, selon sa famille
Présent lors de la cérémonie, Étienne Achille, petit cousin de la soprano, a exprimé l’émotion de la famille. Il rappelle le lien très fort entre Christiane Eda-Pierre et son père, Louis-Thomas Achille, cousin germain de l’artiste.
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Pour lui, voir le nom de Christiane Eda-Pierre inscrit à Paris est un geste fort : « un signe de plus de la reconnaissance de son parcours hors norme, souvent méconnu, voire invisibilisé ». Une reconnaissance qui, selon lui, permet aussi d’affirmer que « nous avons de grandes figures » mais qu’il faut les rendre visibles, afin que les générations futures sachent qu’elles existent.
Il insiste également sur la dimension quotidienne du lieu : le fait de venir « tous les jours dans une médiathèque comme celle-ci » peut permettre au public de se familiariser progressivement avec cette grande voix du patrimoine musical.
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Jacques Martial, initiateur du projet
Au cœur de cette inauguration, un nom est revenu à plusieurs reprises : celui de Jacques Martial, ancien adjoint à la Maire de Paris chargé des Outre-mer, à l’origine de l’initiative, décédé en 2025.
Karen Taïeb souligne que cette idée « a beaucoup mûri » et qu’elle s’est imposée naturellement, Jacques Martial étant à la fois connaisseur de musique et admirateur de Christiane Eda-Pierre. « Lorsqu’il a formulé ce vœu, on l’a tous accompagné », explique-t-elle, ajoutant que la cérémonie rend aussi hommage à Jacques Martial, qui a porté cette démarche avec conviction.

Étienne Achille rappelle lui aussi l’engagement de Jacques Martial pour faire entrer davantage de grandes figures dans l’espace public parisien. Il cite notamment l’hommage rendu aux sœurs Jeanne et Paulette Nardal, tantes de Christiane Eda-Pierre, avec une promenade inaugurée dans le 14e arrondissement, ou encore la mise en lumière de la Mulâtresse Solitude dans le 17e.
Pour Étienne Achille, la démarche de Jacques Martial s’inscrit dans une vision : celle d’un art qui porte l’universel, « quelle que soit notre appartenance ». Et de poser une question qui résume l’esprit de l’hommage : « Que reste-t-il des civilisations si ce n’est leur art et leur patrimoine ? »
En donnant le nom de Christiane Eda-Pierre à ce lieu singulier, la Ville de Paris inscrit une figure majeure du chant lyrique dans un espace culturel du quotidien, accessible et vivant. Pour les organisateurs, l’enjeu dépasse l’hommage : il s’agit aussi de transmettre, de rendre visible, et d’inspirer — à travers une voix, une histoire, et une mémoire.























