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Polynésie : un professeur d’université condamné à 4 ans de prison pour recours à la prostitution de mineures
©TNTV

Un professeur d'université a été condamné mercredi à Papeete à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, pour recours à la prostitution de mineures, a constaté un correspondant de l'AFP.

Docteur en informatique, cet enseignant à l'Université de la Polynésie française, âgé de 50 ans, était aussi poursuivi pour provocation à la consommation d'alcool et de stupéfiants et tentative d'agression sexuelle.

Courant 2017 et 2018, il accueillait de nombreuses jeunes filles en rupture scolaire sous son toit. Au cours de soirées où alcool et cannabis circulaient, trois d'entre elles, âgées de 14 et 15 ans au moment des faits, ont eu des relations tarifées avec lui, selon leurs dires.

Les mineures n'étaient ni présentes au tribunal, ni représentées. Le prévenu a nié les accusations : « Je n'ai jamais exigé quoi que ce soit en échange de quoi que ce soit. Je suis sidéré par ces récits ». Il a déclaré qu'il cherchait à aider ces adolescentes mais qu'elles avaient rapidement « squatté » son domicile, et qu'il avait installé des barbelés pour empêcher qu'elles ne s'introduisent chez lui.

Dans des messages découverts par les enquêteurs, il tenait néanmoins des propos explicites. À l'une de ses jeunes interlocutrices, il disait « être un homme et avoir des besoins ». Dans un autre message, il demandait « une photo de téton ».

« Il a manipulé et profité de ces mineures qui étaient dans la plus grande précarité », a dénoncé dans ses réquisitions la procureure Hélène Geiger, évoquant un « procès de l'exploitation de la fracture sociale ». Pour l'avocate de l'enseignant, Me Marie Eftimie-Spitz, « il n'y a pas de contrepartie. Elles sont nombreuses à dire qu'il essayait de les aider », a-t-elle plaidé en sollicitant la relaxe.

En plus de deux ans de prison ferme aménageables, le quinquagénaire a interdiction d'exercer une activité en contact avec des mineurs pour une durée de trois ans. Son nom sera en outre inscrit au Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS).

Un second homme, âgé de 83 ans, était également renvoyé devant le tribunal dans la même affaire. Il a été condamné en son absence à cinq ans de prison ferme et un mandat d'arrêt a été émis à son encontre.

Avec AFP