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Polynésie : Le Centre hospitalier veut renforcer ses liens avec la Nouvelle-Zélande pour les évacuations sanitaires

Plus proche que Paris et déjà partenaire de la Polynésie pour plusieurs spécialités médicales, la Nouvelle-Zélande pourrait prendre une place plus importante dans les parcours de soins des patients polynésiens. Quinze médecins néo-zélandais sont actuellement sur le territoire pour plusieurs jours d’échanges, à commencer par les équipes du Centre hospitalier. Au programme : relancer les filières d’évasans un peu mises à mal depuis la crise Covid et en développer de nouvelles, mais aussi renforcer les liens entre professionnels à travers des formations et des partages de compétences. Un sujet de notre partenaire Radio 1 Tahiti.

Le partenariat médical entre la Polynésie et la Nouvelle-Zélande veut franchir un nouveau cap. Quinze médecins néo-zélandais sont actuellement en Polynésie française pour plusieurs jours d’échanges avec leurs confrères du Centre hospitalier (CHPF), mais aussi des cliniques, de la Caisse de Prévoyance sociale (CPS) ou encore de l’Institut du Cancer (ICPF). 

Une visite qui doit permettre de relancer les coopérations mises à mal par la crise sanitaire, mais aussi d’imaginer de nouvelles filières de soins et davantage de partage de compétences.

La délégation, qui réunit des spécialistes du Auckland City Hospital, du Middlemore Hospital et du Starship Hospital, le principal centre pédiatrique de Nouvelle-Zélande, a été accueillie de manière officielle, et surtout traditionnelle, ce lundi midi dans le hall du CHPF, par des ‘orero, danses, chants et musique. 

Malcolm Underwood, qui dirige l’unité cardiovasculaire et respiratoire du Auckland City Hospital, rappelle à cette occasion que la coopération entre les deux pays n’est pas nouvelle. « Cela a commencé historiquement avec des opérations de chirurgie cardiaque pédiatrique et adultes, mais avec la crise Covid, nous nous sommes un peu éloignés. Nous avons passé ces deux dernières années à essayer de reconstruire ces liens. »

« 80 % des patients évacués partent vers la métropole, contre 20 % vers la Nouvelle-Zélande »

Pour la directrice générale du CHPF, l’enjeu est également de mieux structurer les parcours des patients polynésiens évacués vers la Nouvelle-Zélande. « Pendant la Covid, les évasans vers la Nouvelle-Zélande ont été ralenties, voire arrêtées. Là, c’est l’occasion de reprendre l’ancienne dynamique et surtout de faire rencontrer les médecins de Nouvelle-Zélande et du CHPF pour créer du réseau. L’objectif est de renforcer ces liens pour peut-être envisager d’autres filières de soins où l’on pourrait évasaner des personnes vers la Nouvelle-Zélande, améliorer la fluidité des parcours de soins de nos patients vers la Nouvelle-Zélande et pourquoi pas envisager des partages de compétences et des formations », explique Hani Teriipaia.

Selon Tuterai Tumahai, médecin-chef du contrôle médical à la CPS, « actuellement, environ 80 % des patients évacués partent vers la métropole, contre 20 % vers la Nouvelle-Zélande ». L’an dernier, « 200 patients ont ainsi été évacués vers la Nouvelle-Zélande », avec une forte proportion liée aux examens de type TEP-scan.

Les filières existent déjà, notamment pour la chirurgie cardiaque pédiatrique et adultes, et pour la prise en charge des brûlés. Mais d’autres spécialités pourraient être développées, comme l’ORL, la pneumologie, la chirurgie vasculaire ou encore la cancérologie.

Plus proche mais « un peu plus cher », avec une barrière linguistique à franchir

L’un des principaux atouts d’Auckland reste évidemment sa proximité. « Quatre à quatre heures et demie de vol contre 22 heures d’avion minimum pour rejoindre la métropole. Pour les urgences, c’est effectivement le meilleur endroit pour envoyer nos malades, même si ça coûte un peu plus cher », explique Tuterai Tumahai.

La question de la langue est aussi un point de vigilance. Le nombre d’interprètes francophones disponibles dans les hôpitaux d’Auckland a diminué, selon le médecin-chef de la CPS. Là encore, le partenariat entre les professionnels de santé pourrait apporter une réponse. 

Les équipes néo-zélandaises proposent notamment des échanges de personnels : infirmiers ou personnels administratifs pourraient venir en Polynésie pour mieux comprendre les procédures locales, tandis que les équipes polynésiennes pourraient se familiariser avec le fonctionnement du système de santé néo-zélandais.

Pour Hani Teriipaia, le bénéfice est aussi humain : permettre aux médecins des deux territoires de se connaître et de disposer de contacts directs lorsqu’un patient doit être pris en charge à l’étranger.

Cette visite s’inscrit dans une démarche engagée depuis plusieurs mois. Une première délégation néo-zélandaise était déjà venue au CHPF à la fin de l’année dernière autour de la chirurgie cardiaque. Et en février 2025, l’ancien ministre de la Santé Cédric Mercadal s’était rendu en Nouvelle-Zélande pour travailler au renforcement des coopérations médicales, notamment dans les domaines de la cardiologie et de la pédiatrie.

L’ambition de ce partenariat n’est pas seulement d’envoyer davantage de patients à Auckland, il est aussi de construire une véritable continuité de soins à l’échelle du Pacifique, avec l’idée de faire de la proximité géographique entre Tahiti et Auckland un atout médical.

Lucie Ceccarelli pour Radio 1 Tahiti