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Polynésie : grèves illimitées au port autonome de Papeete et au Centre hospitalier du territoire
©TNTV

Des syndicats de Polynésie française ont déclenché mardi des mouvements de grève illimitée au centre hospitalier et au port de Papeete, pour dénoncer des difficultés de pouvoir d'achat, alors que d'autres préavis menacent le transport aérien.

A l'initiative de trois syndicats locaux, la quasi-totalité des médecins de l'hôpital tahitien se sont mis en grève mardi matin, rejoints par les infirmiers, aides-soignants et brancardiers. Ils ont symboliquement posé leurs blouses de soignants au sol de la grande nef centrale. Les grévistes demandent des créations de postes et l'augmentation des salaires.

« On a 71 % de turnover sur un an à l'hôpital chez les médecins : l'an dernier, on a même fait 215 contrats hors-sol, l'équivalent de l'ensemble de nos praticiens, pour faire venir des médecins quelques mois », a déploré auprès de l'AFP le Dr Tony Tekuataua, président de la commission médicale d'établissement (CME) de l'hôpital et représentant du syndicat SPPPF.

Le manque d'attractivité des postes a pour lui des conséquences directes sur la qualité des soins et la sécurité des patients. Des îles se retrouvent ainsi sans soignant, dans une collectivité très affectée par les maladies cardiovasculaires, l'obésité ou le diabète.

« Les urgences restent ouvertes 24H/24, les patients hospitalisés sont pris en charge et les soins urgents et vitaux sont maintenus », a précisé la direction du centre hospitalier. Ce mouvement touche aussi les petits hôpitaux périphériques polynésiens.

Au port autonome de Papeete, le poumon économique tahitien, la grève a aussi commencé mardi dans les trois sociétés locales d'acconiers (employant des dockers) : Sat Nui, Cowan et Cotada. Les containers sont déchargés des navires mais les marchandises sont retenues sous douane. Les grévistes s'inquiètent du renouvellement à venir des conventions portuaires.

« Si un accord est signé avec des compagnies extérieures, ça va être mécanisé et il n'y aura plus d'emplois pour nos jeunes », s'est inquiété Mahinui Temarii, secrétaire général du Rassemblement des travailleurs polynésiens.

D'autres entreprises sont sous le coup d'un préavis de grève : la principale compagnie inter-îles Air Tahiti, ainsi que la Somstat, qui assure la manutention des carburants des avions. D'autres préavis ont été déposés pour jeudi et pourraient affecter le transport aérien.

Ces mouvements sociaux ne sont pas directement liés. Ils témoignent cependant de difficultés de pouvoir d'achat, communes à plusieurs secteurs économiques polynésiens.

Avec AFP