Soutenir la formation, l’insertion professionnelle et la cohésion sociale, tel est l’objet de la convention signée ce mardi 20 octobre après-midi à l’Université par le président du gouvernement, Milakulo Tukumuli, et le vice-président de la commission européenne, Stéphane Séjourné. L’enveloppe dédiée, près de 600 millions de francs, est notamment fléchée vers le Giep et l’Institut de formation des professionnels de santé. Un sujet de notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.
Il s’agit d’une convention « fondamentale », insiste Milakulu Tukumuli, en préambule de la signature d’une convention avec Stéphane Séjourné, ce mardi 20 octobre, dans l’Amphi 400 de l’Université, car elle permet de « nous occuper de la jeunesse », ajoute le président du gouvernement. Cela se matérialise avec l’octroi, par l’Union européenne, de 596 millions de francs (5 millions d’euros) à la Nouvelle-Calédonie, une somme que le pays aura quatre ans pour utiliser, avec un « démarrage des activités prévu au cours du premier semestre 2027 », précise l’exécutif.
Les bénéficiaires ciblés sont le Giep, Groupement pour l’insertion et l’évolution professionnelles, l’IFPSS, Institut de formation des professions sanitaires et sociales, ainsi que des associations œuvrant dans la solidarité. « Il y a un vrai besoin », affirme Milakulo Tukumuli, notamment dans le domaine de la santé. « Après la crise Covid d’abord, et ensuite après les émeutes, on a eu une fuite de compétences en termes d’infirmiers, d’aides-soignants, donc cette enveloppe va nous permettre de renforcer la formation. »
Une aide au financement saluée par le commissaire européen à la Prospérité et à la Stratégie industrielle, qui y voit un moyen d’amorcer le rapprochement entre l’Union européenne et la Nouvelle-Calédonie. « Je trouve que c’est une bonne manière de commencer cette nouvelle étape de notre relation, et ce n’est qu’un début, puisque nous aurons probablement dans les prochains mois et les prochaines années des projets significatifs à dévoiler à la population. »
Chercher des financements au-delà de la France
Ce soutien à l’échelle de l’Europe, le pays ne peut s’en passer, considère Milakulo Tukumuli. « Même si l’État a apporté des réponses sérieuses sur certains aspects, notamment financiers, elle ne peut pas pourvoir à tout. Une partie doit être accomplie par la Nouvelle-Calédonie, mais ce ne sera malheureusement pas suffisant. C’est dans ce cadre que l’Europe entre en jeu ». Le président de l’exécutif en est convaincu, cette convention constitue « une opportunité », tout comme l’accord sur l’approvisionnement de l’Europe en nickel calédonien signé ce matin à la Station N. Milakulo Tukumuli réaffirme ainsi son intention « d’avancer avec l’Union européenne », et pas uniquement sur le nickel.
Les indépendantistes ne partagent pas cette position. Les 19 élus du groupe Kanaky NC ont déserté leurs fauteuils au Congrès lundi 19 octobre, après avoir annoncé le matin ne pas vouloir assister à l’allocution de Stéphane Séjourné, étant opposés au partenariat sur le nickel. Cet après-midi, une personne, pourtant annoncée, manque à la table pour signer la convention, Gilbert Tyuienon (UC), membre du gouvernement en charge du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle. « On devait être trois », déclare Milakulo Tukumuli, « ce qui est normal dans un gouvernement collégial et solidaire. Sa présence était prévue », ajoute le chef de l’exécutif, jugeant son absence « regrettable ».
Anne-Claire Pophillat pour Les Nouvelles Calédoniennes

