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Nouvelle-Calédonie : La province Sud adapte ses aides au secteur du commerce aux nouvelles réalités
©province Sud

Fragilisé par les destructions de 2024, mais aussi par l’évolution du pouvoir d’achat et des habitudes de consommation, le commerce calédonien connaît de profondes transformations. Pour mieux cerner ces évolutions, la CCI-NC a mené ces dernières semaines un diagnostic du commerce dans le Grand Nouméa, en associant commerçants, communes, gouvernement et province Sud. La restitution de cette étude, ce vendredi, débouche sur 70 propositions d’action et une adaptation des dispositifs d’aide de la Province. 

Comment accompagner le commerce calédonien face aux mutations accélérées depuis la crise de 2024 ? C’est l’une des questions auxquelles entend répondre le diagnostic réalisé par la CCI-NC dans le Grand Nouméa. Présentées vendredi 11 septembre, les conclusions de ce travail identifient 70 propositions destinées à revitaliser et transformer le secteur.

La restitution s’est déroulée notamment en présence de Gil Brial, premier vice-président de la province Sud, et d’Amandine Bui-Duyet, rapporteuse de la commission du développement économique de la collectivité. Pour la province Sud, l’enjeu est désormais de passer du diagnostic à l’action. « Nous voulons être moteurs de la relance économique calédonienne, et cette relance se fera aussi en s’appuyant sur le commerce », a affirmé Gil Brial. 

Adapter le commerce aux nouveaux usages 

Les recommandations formulées concernent aussi bien l’environnement dans lequel évoluent les commerçants que leurs modèles économiques. Parmi les pistes identifiées figurent la facilitation de l’installation et du développement des commerces, le renforcement de leur sécurisation, la modernisation des points de vente et le développement du numérique. Le diagnostic invite également à diversifier l’offre afin de mieux répondre aux nouvelles habitudes de consommation, alors que l’évolution du pouvoir d’achat modifie les comportements des clients.

L’attractivité des centres-villes et des centralités commerciales constitue un autre axe important. L’étude préconise notamment de donner davantage de place aux piétons, aux familles, aux loisirs et à la convivialité. Un accompagnement de proximité est également recommandé, notamment à travers la mise en place de managers de commerce. Leur rôle serait de renforcer le lien entre les commerçants et les collectivités et de contribuer à l’animation des centralités commerciales. 

Pour la province Sud, ces propositions doivent désormais déboucher sur des mesures concrètes. « L’objectif de cette étude, ce n’est pas de rester au stade du constat : c’est d’amener des décisions concrètes derrière », a insisté le premier vice-président. 

Le CASE évolue pour mieux accompagner les commerçants 

Cette volonté se traduit déjà par une évolution des dispositifs de la province Sud. Historiquement, le commerce était peu éligible au Code des aides pour le soutien de l’économie (CASE), le secteur étant considéré comme disposant d’une autonomie suffisante. 

La crise de 2024 a profondément changé cette situation. « Le monde d’aujourd’hui n’est plus celui d’avant mai 2024. Nous avons donc adapté le CASE et nous allons continuer à le faire afin de mieux prendre en compte les besoins des commerçants », explique Gil Brial. Cette évolution doit notamment permettre de mieux accompagner les investissements des entreprises commerciales, en particulier ceux consacrés à la rénovation et à la modernisation des points de vente. 

La province Sud entend également adapter ses aides aux nouvelles pratiques de consommation. Son dispositif d’aide à la numérisation, dont les entreprises commerciales représentent aujourd’hui 36 % des bénéficiaires, doit ainsi évoluer pour mieux répondre aux nouveaux usages et aux attentes des consommateurs. 

Du coaching à la sécurisation des commerces 

L’accompagnement ne se limite pas aux aides à l’investissement. Avec Sud Coaching, la province Sud propose un soutien directement adapté aux problématiques rencontrées par chaque entreprise. Les commerçants représentent 20 % des bénéficiaires de ce dispositif, qui peut notamment intervenir sur l’aménagement du point de vente, la gestion des stocks, la communication ou encore le référencement. 

La sécurisation des entreprises constitue également un volet important de cette politique. La province Sud a décidé de pérenniser son aide à la sécurisation et de continuer à la faire évoluer en fonction des besoins des professionnels. Enfin, la collectivité souhaite accompagner les communes dans la mise en place de managers de commerce. L'objectif est de renforcer l’action au plus près des commerçants et de contribuer à la revitalisation des centralités commerciales.