Une dizaine de députés macronistes en déplacement en Nouvelle-Calédonie ont défendu vendredi une application rapide de l'accord de Bougival et du dégel du corps électoral, à l'issue d'une mission de cinq jours sur le territoire, dans un contexte post-émeutes toujours fragile.
En conférence de presse à Nouméa, les parlementaires Ensemble pour la République (EPR) ont insisté sur le caractère « historique » de l'accord signé en juillet entre l'État, les non-indépendantistes et une partie des indépendantistes. « Bougival (…) n'est pas un brouillon en construction qui serait la base de futures renégociations éternelles », a déclaré le député d'Eure-et-Loir et ancien ministre délégué chargé du Logement, Guillaume Kasbarian.
Plusieurs intervenants ont estimé que le rejet de l'accord par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), principal mouvement indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, ne devait pas empêcher sa mise en œuvre. Les députés ont également dénoncé le gel du corps électoral comme un « scandale démocratique ». « Pour des républicains et des députés de la République, cette exclusion (...) d'un certain nombre de personnes nous semble inacceptable », a insisté Guillaume Kasbarian.
Le gel du corps électoral, instauré avec les accords de Nouméa en 1998, limite le droit de vote aux scrutins provinciaux aux personnes installées avant cette date et à leurs descendants. Sa réforme avait été au cœur des tensions ayant déclenché les émeutes meurtrières de mai 2024.
Sur le plan économique, la députée des Hauts-de-Seine Prisca Thevenot, ancienne porte-parole du gouvernement, a appelé à la prudence concernant les prêts accordés par l'État à la Nouvelle-Calédonie pour reconstruire le territoire meurtri par ces émeutes, sans fermer la porte à leur éventuelle transformation en subventions, demandée par les élus locaux. « La priorité, c'est que les dispositifs annoncés soient mis en œuvre et appliqués », a-t-elle dit.
La ministre des Outre-mer Naïma Moutchou avait indiqué mercredi lors des questions au gouvernement au Sénat qu'une réunion à l'Élysée le 16 janvier avec les élus calédoniens, indépendantistes comme non-indépendantistes, devait permettre de poursuivre la discussion sur l'accord de Bougival et que « chacun devra à ce moment-là se positionner ».
Cet accord, signé en juillet 2025, prévoit notamment l'instauration d'un État de la Nouvelle-Calédonie inscrit dans la Constitution française. Il a toutefois été rejeté dès août par le FLNKS. Si une majorité de forces politiques calédoniennes continue de soutenir le texte, plusieurs d'entre elles estiment qu'il doit être amendé.
Avec AFP























