Entre la dernière tranche du prêt garanti et la subvention prévue en 2026, la Nouvelle-Calédonie s’apprête à recevoir près de 21 milliards francs de l’État, a annoncé Milakulo Tukumuli lors d’une conférence de presse ce mardi 22 septembre. Le président du gouvernement a également fait le point sur les aides accordées par Paris pour terminer l’année et se projeter sur 2027. Explications de notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.
« Je vous annonce que la quatrième tranche du prêt garanti sera débloquée avant la fin du mois », a déclaré Milakulo Tukumuli, lors d’un point presse ce mardi 22 septembre, un mois après avoir informé de l’octroi de la troisième tranche.
« J’ai présenté à l’État la convention qui permettait son déblocage », a poursuivi le président du gouvernement, précisant qu’il n’était pas conditionné. « Le gouvernement de la République a confiance dans le nouveau gouvernement de la Nouvelle-Calédonie », a simplement lâché le représentant. L’unique disposition consistait à voter le compte administratif et le budget supplémentaire au Congrès, ce qui a été réalisé le vendredi 18 septembre.
Cette quatrième et dernière tranche du PGE (de 44,2 milliards de francs), d’un montant de 13,7 milliards de francs (115 millions d’euros), doit s’accompagner du versement de la subvention de 7,1 milliards (60 millions d’euros) prévue, soit près de 21 milliards (plus de 176 millions d’euros).
Ainsi, la Nouvelle-Calédonie aura obtenu la totalité de ce que l’État lui avait promis en 2026 (51 milliards de francs). Mais cela représente seulement de quoi tenir jusqu’en novembre. D’où la nécessité, pour la Nouvelle-Calédonie, de trouver de quoi financer décembre et janvier.
7 milliards pour décembre et janvier
C’était un des objectifs de la mission transpartisane, menée à Paris du 1er au 5 septembre, lors de laquelle l’exécutif calédonien a négocié quelques milliards supplémentaires pour boucler l’année et amorcer 2027.
Cette somme, qui s’élève à 1,3 milliard (11 millions d’euros) pour décembre et 6 milliards (50 millions d’euros) pour janvier, est inscrite au PLFG (projet de loi de fin de gestion). Seule son adoption par le Parlement garantira son attribution à la Nouvelle-Calédonie. Cette enveloppe est dédiée au paiement des retraites et du Ruamm.
Lire aussi : Nouvelle-Calédonie : Le contrat de responsabilité et de désendettement bâti « avant la fin de l’année »
L’autre promesse du gouvernement Lecornu, c’est un appui de 47,7 milliards de francs (400 millions d’euros) pour l’année prochaine, rappelle Milakulo Tukumuli, qui se satisfait, au-delà du montant, de la « forme » de ces aides.
« Jusqu’à présent, nous avons eu droit à des prêts. Cette fois-ci, il s’agit, pour moitié, de subventions, et pour l’autre d’avances remboursables. C’est la petite victoire de la mission transpartisane ». Une petite victoire, certes, mais qui s’avère insuffisante pour couvrir l’ensemble des besoins, estimés à 70 milliards de francs en 2027. Et qui, si elle est inscrite au PLF, projet de loi de finances 2027, doit encore être adoptée par l’Assemblée nationale.
Le contrat de responsabilité, « une voie de sortie »
Les solutions pour combler l’écart passent avant tout par l’élaboration d’un contrat de responsabilité, que l’exécutif souhaite voir aboutir avant le 31 décembre, « une voie de sortie » pour le pays.
Ce document, qui couvrirait la période 2027-2031, comprendrait « les engagements de la Nouvelle-Calédonie pour retrouver une trajectoire vertueuse, en contrepartie d’un soutien de l’État pour nous aider à passer le cap », a développé Milakulo Tukumuli, ainsi qu’un contrat de désendettement du pays, déjà prévu dans le pacte de refondation économique et sociale signé en début d’année à Paris.
Car le pays s’est endetté à un rythme insoutenable ces cinq dernières années, à hauteur de 190 milliards de francs rien que pour la Covid et les émeutes. L’idée est de ne pas rembourser le prêt garanti en 2027, « ce qui enlève 9 milliards », une année blanche également actée dans le pacte de refondation.
Et par ailleurs, il s’agit de mener des réformes, a indiqué Milakulo Tukumuli, qui a assuré que celles du Ruamm et des retraites devaient être adoptées avant la fin de l’année. Le chef de l’exécutif a rencontré les partenaires sociaux, syndicats de salariés et organisations patronales, qu’il convie ce vendredi afin de faire le point sur le calendrier et la méthode.
Anne-Claire Pophillat pour Les Nouvelles Calédoniennes

