La jeune compagnie domestique polynésienne a reçu, lundi matin, son nouvel ATR 72-600XT, le deuxième des trois appareils neufs qu’elle a commandés. Après une nouvelle arrivée en décembre et une période de maintenance, Air Moana compte bien, à partir d’avril, renforcer son programme de vols, ouvrir une troisième liaison vers les Marquises et la desserte de Tikehau. Avant ça, la compagnie doit lancer un « roadshow » à Tahiti et dans les îles, pour promouvoir son augmentation de capital participative. Explications de notre partenaire Radio 1 Tahiti.
Des colliers de fleurs ce matin sur la piste de Tahiti-Faa’a. Et une grande couronne végétale, autour du nez du nouvel appareil d’Air Moana. Il s’appelle Poenui, comme le tout premier avion qu’avait opéré la compagnie lors de son lancement en 2023. À sa différence, celui-ci est neuf, de dernière génération – il s’agit d’un ATR 72-600 XT – et le jeune opérateur domestique en est propriétaire.
Arabie saoudite, Kenya, Seychelles et Kuala Lumpur
Avec ses moteurs aux couleurs bleu lagon, il est le deuxième appareil neuf de la compagnie, qui a bénéficié de la défiscalisation du Pays et, avant des décisions de justice, d’un soutien plus direct de la collectivité pour acquérir trois avions auprès du constructeur franco-italien.
Cet ATR va ainsi remplacer un appareil en leasing, qui quittera Tahiti ces jours-ci. Et il précède de quelques semaines un troisième ATR 72-600 XT, qui doit bientôt sortir d’usine et atterrir à Tahiti en décembre. « L’objectif est d’avoir trois avions en vol pendant toute l’année 2026, et à partir de fin 2027, quatre avions en vol », explique Marania Boixière, la directrice générale déléguée d’Air Moana, qui rappelle qu’un dernier appareil en leasing restera intégré à la flotte.
Après une période de maintenance, la compagnie pourra donc étoffer, comme annoncé, son programme de vol en avril 2027. Au programme : la desserte de Tikehau, des vols supplémentaires vers les Raromatai, et une troisième fréquence hebdomadaire vers les Marquises.
Poenui a connu un périple particulier avant d’atterrir à Tahiti. Comme le nouveau Twin Otter d’Air Tetiaroa arrivé samedi 19, il a fallu éviter le Moyen-Orient, zone de passage classique des convoyages entre Blagnac, ville d’assemblage d’ATR, et le Pacifique, mais qui est devenue trop dangereuse vu les tensions autour de l’Iran. Air Tetiaroa avait choisi la voie du Groenland et de l’Amérique du Nord, Air Moana est passé par le Sud.
Toulouse-Blagnac – Le Caire, puis Djeddah en Arabie saoudite, Nairobi au Kenya, Mahé aux Seychelles, les Maldives, Kuala Lumpur, Lombok en Indonésie, Cairns en Australie, Fidji et finalement Tahiti… Dix étapes et près de 60 heures de vol au total. « Ça fait du bien d’arriver à la maison », sourit Tetupuariki Couraud, le pilote de la compagnie qui a officié comme commandant de bord pendant ce voyage.
Bientôt une tournée pour promouvoir l’augmentation de capital participative
L’autre projet d’Air Moana, ou plutôt de sa société d’exploitation Natireva, c’est son augmentation de capital d’un genre particulier. La compagnie s’est alliée à Fenua Financement, qui a déjà piloté le crowdfunding de l’avion de Motu Link, pour récolter 596 millions de francs auprès de petits investisseurs, particuliers comme entreprises, qui peuvent participer à ce financement participatif dès 30 000 francs.
Les souscriptions pour la première tranche de cette opération – 149 millions de francs – ne seront ouvertes que le 12 octobre. Mais les réservations ont été ouvertes la semaine sur le site de Fenua Financement, où sont présentées les prévisions de rendement de ces investissements en capital et le risque – « important », comme doit le préciser ce partenaire du réseau français Les Entreprêteurs, à chaque communication – associé à de telles opérations.
Cette levée de fonds, Air Moana refuse toujours de la lier à son actualité judiciaire : l’annulation des 600 millions de francs de prêt du Pays et de ses garanties d’emprunt, prononcée à Papeete en février, attend toujours d’être étudiée par la cour d’appel administrative de Paris. « On a toujours besoin de liquidité, une compagnie aérienne représente des investissements qui sont importants », reprend Marania Boixière.
Un « roadshow » est prévu, autour de Tahiti et dans les îles pour promouvoir cet investissement, « expliquer son fonctionnement » et surtout « répondre aux questions » sur la santé de la compagnie.
Charlie René pour Radio 1 Tahiti

