À Mayotte, les dispositifs permettant d’aider une entreprise en difficulté existent, mais encore faut-il savoir à quelle porte frapper et surtout le faire suffisamment tôt. C’est tout l’enjeu de la Charte de confiance autour de laquelle étaient réunis, ce mercredi à l’IEDOM, les principaux interlocuteurs du monde économique mahorais. Détails avec notre partenaire France-Mayotte Matin.
Autour du préfet Frédéric Poisot et de la directrice de l’IEDOM Mayotte, Florence Mar Picart, étaient réunis, entre autres, des représentants de la DRFiP, de la DEETS, de la CCI, du secteur bancaire, des experts-comptables et commissaires aux comptes, mais aussi des organisations patronales et professionnelles. Autant d’interlocuteurs susceptibles de détecter les premières fragilités d’une entreprise ou de l’accompagner.
La philosophie de la charte est justement de faire de l’anticipation un réflexe et d’aller davantage vers les entreprises lorsque des signes de fragilité apparaissent. « L’objectif premier, c’est de pouvoir les accompagner dans leur quotidien qui est difficile », explique Frédéric Poisot. À Mayotte, où le tissu économique est largement constitué de petites structures, certaines subissent encore les conséquences de Chido. « L’idée, c’est de ne pas laisser sur le bord de la route un tissu entrepreneurial qui est plutôt constitué de petites entreprises », poursuit le préfet.
Les outils existent déjà, mais ils ne sont pas toujours sollicités suffisamment tôt. CODEFI, conseillers de la DEETS, chambres consulaires, banques ou professionnels du chiffre disposent chacun de moyens d’accompagnement. L’enjeu consiste désormais à mieux les coordonner. « Finalement, on est quand même un petit peu chacun dans nos rails », constate Frédéric Poisot, qui estime qu’un travail davantage collectif permettrait d’être plus ef- ficace auprès des entre- prises.
Une démarche accueillie favorablement par Charles-Henri Mandallaz, représentant du Medef. Il souligne « une volonté effectivement d’accompagner les entreprises, d’aider au développement et à la structuration de nos différentes filières ». Il reconnaît aussi que certains dirigeants réagissent tardivement. Dans les petites structures, le chef d’entreprise est souvent « un peu le pompier », contraint de gérer de nombreuses tâches avec peu de moyens humains, notamment sur les questions administratives et comptables.
La simplification des démarches fait ainsi partie des pistes de travail. Frédéric Poisot estime nécessaire de partir des difficultés concrètes remontées par les entreprises pour identifier les améliorations à apporter.
Les échanges doivent désormais se poursuivre régulièrement. Parmi les pistes évoquées figure l’organisation, début 2027, d’un Congrès des entreprises réunissant le monde économique et les services de l’État. CharlesHenri Mandallaz estime que les chefs d’entreprise ont besoin « d’être aiguillés, d’être portés » face notamment à des sujets complexes comme la convergence sociale ou la LODEOM.
Par France-Mayotte Matin

