Ce vendredi 16 octobre, une dizaine de jeunes du RSMA étaient mobilisés à l’école maternelle Combo Moussa, à Miréréni, pour réparer une fuite d’eau. Une intervention qui leur permet de passer de la formation à la pratique, tout en contribuant à lutter contre le gaspillage d’eau à Mayotte.Précisions avec notre partenaire France-Mayotte Matin.
À l’école maternelle Combo Moussa, à Miréréni, dans la commune de Tsingoni, les jeunes du Régiment du service militaire adapté (RSMA) étaient à pied d’œuvre ce vendredi matin. En présence du préfet Frédéric Poisot, une dizaine de volontaires en formation en plomberie intervenaient pour réparer une fuite d’eau. Un chantier organisé avec Les Eaux de Mayotte (LEMA), la SMAE et les services techniques municipaux.
« Les fuites après compteur à Mayotte, c’est quand même 9 000 à 10 000 mètres cubes d’eau perdus chaque jour », rappelle le préfet. Un volume quasiment équivalent à la production attendue de la future usine de dessalement d’Ironi Bé. Malgré les pluies de ces derniers jours, la situation reste préoccupante. Pour les autorités, chaque fuite réparée représente donc une économie d’eau précieuse.
Mais cette opération présente également un intérêt pédagogique. Habituellement formés dans les ateliers du RSMA, les volontaires peuvent désormais mettre leurs connaissances en pratique dans des conditions réelles. Recherche de fuites, travaux de terrassement, réparation des canalisations et installation de regards : les jeunes participent à toutes les étapes du chantier.
« Leur métier, on leur apprend à devenir des plombiers, très concrètement », explique le lieutenant-colonel Johann, commandant en second du RSMA de Mayotte. Pour lui, cette expérience constitue une étape importante dans leur apprentissage. « Ils sont confrontés au réel », souligne-t-il. Après 6 à 12 mois de formation, ces jeunes ont vocation à intégrer le monde professionnel. Ces interventions leur permettent ainsi de développer leurs compétences tout en découvrant les contraintes du métier. Le préfet souhaite également développer leur formation, notamment dans la recherche de fuites, en lien avec les entreprises du secteur.
Pour l’heure, le dispositif mobilisant le RSMA concerne principalement les écoles et les bâtiments publics. Plusieurs chan- tiers sont déjà prévus en Petite-Terre, notamment à la gendarmerie. Mais le préfet entend aller plus loin. « Ensuite, on élargira le dispositif à des structures de droit privé et à des bâtiments de particuliers qui souhaiteront entrer dans ce dispositif », annonce Frédéric Poisot.
Reste la question du financement des réparations chez les particuliers. Qui prendra en charge les travaux ? À Mayotte, où de nombreux ménages disposent de revenus modestes, le coût des interventions pourrait constituer un frein, malgré les économies réalisées à long terme sur les factures d’eau.
Par France-Mayotte Matin

