Moins d'un tiers des habitants de Mayotte en âge de travailler avaient un emploi en 2025, le taux le plus bas depuis 2014, et des milliers de chômeurs ont cessé de chercher activement du travail dans le sillage du cyclone Chido, selon une étude de l'Insee publiée vendredi.
De nombreuses personnes se sont retirées du marché du travail après le passage dévastateur de Chido, qui a frappé cet archipel français de l'océan Indien le 14 décembre 2024 et fait au moins 40 morts, les difficultés pour se loger ou se nourrir ayant pu entraver leur recherche d'un emploi, explique l'institut.
Conséquence : seuls 40% des 15-64 ans étaient encore sur le marché du travail en 2025, c'est-à-dire en emploi ou au chômage, soit cinq points de moins qu'en 2024.
Le taux d'emploi, à 30%, a chuté de deux points et reste très loin de ceux de La Réunion (54%) et de l'Hexagone (70%).
Le taux de chômage a lui reculé de quatre points, à 25% (18.000 chômeurs), mais cette baisse «n'est pas, dans ce cas, le signe d'une amélioration du marché du travail», prévient l'Insee.
Elle s'explique par la forte hausse du «halo autour du chômage», ces personnes qui souhaitent travailler mais ne sont pas comptées comme chômeurs, faute de chercher activement un emploi ou d'être disponibles pour en occuper un.
En un an, ce halo a gonflé de 11.100 personnes à 50.300, soit 28% des 15-64 ans contre 23%, sept fois plus que dans l'Hexagone.
Cette hausse provient en majorité d'anciens chômeurs, découragés ou accaparés par d'autres difficultés personnelles, précise l'institut.
Chômeurs et halo confondus, 68.300 personnes, soit 38% des 15-64 ans, étaient sans emploi et souhaitaient travailler en 2025.
Le recul de l'emploi touche d'abord les hommes: leur taux d'emploi a baissé de trois points, à 39%, quand celui des femmes s'est maintenu autour de 23%.
Par tranche d'âge, les personnes de 50-64 ans sont les plus affectées, avec 41% en emploi en 2025, contre 51% en 2024.
Chez les 15-29 ans, 36.000 jeunes, soit 47%, n'étaient ni en emploi, ni en études, ni en formation, un pourcentage en hausse de cinq points sur un an, soit quatre fois celle de l'Hexagone.
Avec AFP

