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Agriculture : Le Département de La Réunion fixe dix priorités pour transformer le modèle agricole
© Département de La Réunion

Le Département de La Réunion veut franchir une nouvelle étape dans sa politique agricole. Réuni mercredi 9 septembre 2026 à l’Hémicycle du Palais de la Source, le comité de pilotage (COPIL) consacré à l’évaluation de la politique agricole départementale menée entre 2014 et 2024 a permis de dresser le bilan de dix années d’action et de définir les premières orientations de la prochaine phase d’AGRIPÉI. 

Une soixantaine de représentants des institutions, des organisations professionnelles, des filières agricoles, des organismes techniques et des acteurs de terrain ont participé à cette restitution, aux côtés du Département, de la DAAF et de la Chambre d’Agriculture. 

Pour Serge Hoareau, premier vice-président du Département délégué à l’Agriculture, cette évaluation doit surtout servir à préparer la suite : « Cette évaluation constitue un moment important. Elle nous permet de regarder le chemin parcouru, mais surtout de préparer l’avenir. Elle confirme la pertinence des orientations engagées depuis 2014. Pour ne citer qu'un exemple, je prendrais comme illustration la mobilisation du foncier agricole avec près de 3 890 hectares de terrains en friche remis en production sur dix ans, soit un rythme soutenu d'environ 400 ha par an. Cela correspond à la surface de plus de 50 exploitations par an ! » 

L’évaluation met également en avant la cohérence entre AGRIPÉI, le FEADER et le POSEI, qui participent au maintien de la production locale, à la compétitivité des filières et à l’accompagnement des transitions du secteur agricole. 

Foncier, eau et renouvellement des générations 

Le Département entend désormais accélérer face aux principaux défis identifiés : accès au foncier, renouvellement des générations, disponibilité de l’eau, changement climatique et souveraineté alimentaire. 

« L’enjeu pour demain n’est donc pas de repartir de zéro. Il est de franchir une nouvelle étape et de réaffirmer le rôle crucial de l'agriculture à La Réunion, dans son aspect nourricier bien sûr, mais aussi comme marqueur identitaire et paysager », précise Serge Hoareau. 

Dix propositions sont ainsi présentées comme prioritaires pour cette nouvelle étape d’AGRIPÉI.
La première concerne la protection des terres agricoles productives, notamment à travers la mise en place de périmètres de protection des espaces agricoles et naturels périurbains (PAEN). Le Département souhaite également poursuivre l’aménagement des terrains agricoles et le déploiement des périmètres irrigués dans le cadre du plan départemental de l’eau et des aménagements hydrauliques. L’objectif affiché est de faire de La Réunion, d’ici 2030, le premier département français en matière d’accès à l’eau d’irrigation.
Autre proposition : la création d’une foncière agricole, destinée à soutenir les besoins d’investissement des agriculteurs, notamment dans les opérations de reprise d’exploitation et d’installation des jeunes.
Le Département envisage également une ferme départementale, conçue comme un incubateur pour accompagner la professionnalisation et faciliter l’installation ou la transmission des exploitations. 

© Département de La Réunion

Semences, filières et transformation 

La stratégie prévoit aussi la création d’une banque stratégique de semences locales et de plants, ainsi que la définition de plans de filières prioritaires.
Un fonds de souveraineté agricole doit par ailleurs être créé afin d’accompagner les objectifs considérés comme prioritaires pour l’agriculture réunionnaise.
Le Département veut également renforcer la structuration du marché de gros à l’échelle de l’ensemble du territoire, avec l’ambition d’en faire une véritable plateforme multiservices pour les agriculteurs. Le développement des outils de transformation et de conservation figure également parmi les priorités. 

Enfin, la collectivité entend consolider la Marque 100% La Réunion, afin d’améliorer la reconnaissance des productions locales auprès des consommateurs. 

Pour Serge Hoareau, ces mesures doivent traduire un changement de méthode : « Nous devons passer d’une logique d’accompagnement des projets à une logique de transformation collective de notre modèle agricole et alimentaire ».

À travers ces dix propositions, le Département veut ainsi faire émerger une agriculture réunionnaise « plus résiliente, plus organisée, plus créatrice de valeur et pleinement inscrite dans l’avenir du territoire ». Une démarche qui se veut collective, les forces agricoles réunionnaises ayant été associées aux travaux préparatoires.