La Convention citoyenne du Schéma d’aménagement régional (CCSAR) s’est réunie samedi 19 septembre 2026 à l’Hôtel de Région. Sur les 41 propositions adoptées en 2024, 39 ont été intégrées au projet de Schéma d’aménagement régional (SAR) 2050. Le document doit encore franchir plusieurs étapes avant son adoption définitive.
Les 72 membres de la Convention citoyenne du SAR (CCSAR) se sont réunis samedi 19 septembre à l’Hôtel de Région pour une nouvelle assemblée plénière consacrée au suivi de leurs travaux. Cette rencontre devait notamment permettre de mesurer la prise en compte de leurs propositions dans la révision du Schéma d’aménagement régional (SAR), engagée par la Région en 2021.
Selon le bilan présenté lors de cette réunion, 39 des 41 propositions adoptées par la Convention citoyenne le 29 juin 2024 figurent dans le projet de SAR 2050. Elles portent notamment sur l’adaptation au changement climatique, les transports, la gestion de l’eau, la transition énergétique, l’agriculture ou encore la limitation de l’artificialisation des sols.
Une Convention avec les citoyens depuis 2024
La révision du SAR a débuté en 2021 et a d’abord mobilisé la Commission d’élaboration du SAR (CESAR), des bureaux d’études, des collectivités ainsi que des acteurs économiques, agricoles et environnementaux. La Région a ensuite associé directement les citoyens à partir de 2024.
La Convention citoyenne du SAR a été constituée cette année-là autour de citoyens tirés au sort, avec 60 titulaires et 12 suppléants. Réunis en séances plénières et au sein de quatre commissions géographiques correspondant au Nord, au Sud, à l’Est et à l’Ouest, ils ont notamment été formés par des urbanistes, architectes, énergéticiens et climatologues.
Entre mai et septembre 2024, leurs travaux ont porté sur les besoins et les atouts des différents bassins de vie ainsi que sur les conditions d’un aménagement durable du territoire. Les 41 propositions adoptées ont été remises à la présidente de Région, Huguette Bello, le 14 septembre 2024.
Une première assemblée plénière de suivi s’était tenue le 11 octobre 2025. Les contributions avaient alors été collectées et classées, avant d’être croisées avec les études techniques liées à la révision du SAR.
Sur les 41 propositions formulées par la Convention, deux n’ont donc pas été retenues en l’état. La Région indique que des échanges sont menés avec les citoyens concernés afin d’expliquer les motifs de ces arbitrages. La Région Réunion évoque notamment des contraintes juridiques, économiques ou environnementales, des compétences ne relevant pas du SAR ou encore la nécessité d’examiner certaines propositions dans un autre cadre.
Parmi les propositions intégrées figurent notamment la redynamisation de l’Est et des Hauts, la promotion d’une architecture bioclimatique inspirée des codes créoles, la réhabilitation des friches et des logements vacants avant de nouvelles opérations d’urbanisation, ainsi que la gestion des eaux pluviales.
La diversification des productions agricoles, la végétalisation des espaces urbains exposés au phénomène d’îlot de chaleur et le développement d’un transport ferré décarboné et des mobilités douces sont également citées.
Le projet de SAR doit encore être arrêté
Le projet de SAR fondé sur ce scénario d’équilibre doit être présenté le 30 septembre prochain à la Commission d’élaboration du SAR, qui réunit les partenaires institutionnels.
L’arrêt du SAR est ensuite prévu fin octobre 2026, lors d’un vote en assemblée plénière du Conseil régional. Le document sera alors transmis pour avis aux personnes publiques associées, tandis que l’autorité environnementale rendra son propre avis.
Une enquête publique est annoncée au second semestre 2027. Le document devra ensuite être soumis à l’adoption du Conseil régional avant son approbation définitive par le préfet.
Huguette Bello, présidente de la Région Réunion :
« La Convention citoyenne restera un événement marquant dans l’élaboration du SAR 2050. Les membres de la Convention ont fait la démonstration que ce schéma n’est pas seulement un document administratif et technique. C’est aussi un document nourri par la réalité vécue et rêvée de notre territoire. Nous nous battrons pour que ces choix soient partagés et non remis en cause pour des considérations politiciennes… »
Trois membres de la Convention ont également témoigné de leur expérience.
Clarisse Huet : « Nous espérons que tous ces progrès deviendront réalité pour préserver notre île et permettre un véritable bien-être pour nos enfants et nos petits-enfants… »
Pascal Laporte : « Beaucoup ont pensé qu’il ne sortirait pas grand-chose de la Convention citoyenne après avoir été déçus par les consultations lors des enquêtes publiques. Cette fois-ci, c’est différent : 39 de nos propositions sur 41 intégrées au SAR, c’est une belle prouesse… »
Cindy Barbe : « L’expérience a été très enrichissante. C’est la première fois que l’on prend en compte notre avis pour décider avec nous de notre avenir… »

