TPE-PME d’Outre-mer et de Corse : des trajectoires économiques contrastées au 3ᵉ trimestre 2025 selon l’observatoire de la profession comptable

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TPE-PME d’Outre-mer et de Corse : des trajectoires économiques contrastées au 3ᵉ trimestre 2025 selon l’observatoire de la profession comptable

Les derniers résultats de l’Observatoire de la profession comptable, publiés dans le cadre du baromètre Image PME, mettent en lumière des dynamiques économiques très différenciées entre les territoires ultramarins et la Corse au 3ᵉ trimestre 2025.

 

Fondés sur les données de la base de données nationale Statexpert, construite à partir des télédéclarations sociales et fiscales réalisées par les experts-comptables pour le compte de leurs clients, les TPE-PME, ces indicateurs constituent l’un des outils les plus fiables et les plus réactifs pour suivre l’évolution de l’activité des petites et moyennes entreprises.

Corse : un troisième trimestre consécutif de repli

En Corse, l’activité des 4 615 TPE-PME observées poursuit sa trajectoire descendante :

  • –1,2 % au 3ᵉ trimestre 2025 (vs. 2024)
  • –3,4 % depuis le début de l’année

Tous les grands secteurs – industrie, commerce, services – affichent un recul compris entre –1,5 % et –3 %, tandis que le BTP connaît une baisse plus marquée de –7 %. Ce troisième trimestre négatif consécutif confirme une conjoncture fragile sur l’île.

Guadeloupe : un dynamisme porté par le BTP-Transport

En Guadeloupe, l’activité se redresse nettement, même si l’échantillon statistique nécessite une lecture prudente :

  • +6,9 % au 3ᵉ trimestre
  • +2,9 % en cumul annuel

Les évolutions sectorielles montrent :

  • un recul de l’industrie manufacturière,
  • une hausse du commerce et des services,
  • et surtout une forte dynamique du BTP/transport, véritable moteur de la croissance guadeloupéenne actuelle.

Martinique : une baisse d’activité qui s’accentue

En Martinique, la tendance est moins favorable :

  • –3,2 % au 3ᵉ trimestre
  • –1,3 % depuis le début de l’année

Seule l’industrie manufacturière progresse. Le commerce et le BTP/transport sont en retrait, avec un recul plus marqué dans la construction.

Les services enregistrent également une diminution notable. La baisse observée au trimestre précédent s’installe désormais dans la durée.


La Réunion : un rebond après sept trimestres de baisse

À La Réunion, les 4 143 TPE-PME suivies renouent enfin avec la croissance après plus de deux ans de recul continu :

  • +3,5 % au 3ᵉ trimestre 2025,
  • même si le cumul annuel reste légèrement négatif (–0,2 %).

Les données révèlent :

  • une baisse persistante dans l’industrie et le BTP-transport,
  • mais une progression solide dans les services et le commerce, moteurs de ce rebond attendu.

Des enseignements clés pour les territoires et les décideurs

Ces trajectoires contrastées montrent que les économies insulaires réagissent de manière différenciée aux tensions économiques nationales et internationales. Elles soulignent surtout le rôle fondamental des TPE-PME – premier tissu économique local – et la nécessité de disposer d’outils de suivi fiables comme Image PME, basés sur les données réelles déclarées par les entreprises.

Pour Katy Hoarau, Présidente du Comité Outre-mer du CNOEC : « Ces résultats, malgré des trajectoires différentes selon les territoires, témoignent de la capacité d’adaptation et de résilience de nos TPE-PME. Les périodes de fragilité que connaissent certains départements ne doivent pas masquer les signaux positifs observés ailleurs, preuve que nos économies disposent de véritables leviers de rebond.

C’est dans cet esprit que nous devons plus que jamais défendre la LODEOM sociale et préserver les aides fiscales à l’investissement productif, qui constituent des leviers essentiels pour la compétitivité, l’emploi et l’innovation dans nos territoires. Leur maintien est indispensable pour soutenir nos entreprises et accompagner leur développement face aux défis actuels.

Le Comité Outre-mer et Corse du CNOEC restera pleinement mobilisé pour accompagner nos TPE-PME, soutenir leur dynamisme et porter haut les spécificités de nos économies insulaires auprès des décideurs publics. Ensemble, nous continuerons à faire de l’Outre-mer et de la Corse des espaces d’initiative, d’innovation et d’opportunités. »