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Tourisme en Outre-mer : 2,23 millions de touristes, 2,5 milliards de recettes en 2025, le CSTOM fait le point sur une reprise confirmée du secteur et appelle à une stratégie commune
© Outremers360 / Atout France

Réunis à Bercy le 14 septembre 2026 à l'occasion de la 6e édition du Comité Stratégique du Tourisme en Outre-mer (CSTOM), Atout France, la Direction générale des outre-mer, les élus et les professionnels du secteur ont dressé un bilan globalement positif de l'année 2025 et des perspectives 2026, tout en appelant à accélérer l'investissement et à mieux intégrer les territoires ultramarins dans la stratégie touristique nationale et européenne.

La 6e édition du Comité Stratégique du Tourisme en Outre-mer (CSTOM) s'est tenue dans un contexte porteur. Les chiffres présentés par l'Observatoire touristique des outre-mer confirment une dynamique de reprise : 4,72 millions de passagers aériens à destination des territoires ultramarins en 2025 (+4 % par rapport à  2024), 2,23 millions de touristes aériens (+2 %), et plus de 2,5 milliards d'euros de recettes touristiques générées. Le tourisme représente entre 7 et 10 % du PIB ultramarin et soutient entre 25 000 et 30 000 emplois directs.

Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes entreprises, du Commerce, de l'Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d'achat, a ouvert la séance en plaçant les Outre-mer au cœur de l'ambition nationale fixée à 100 milliards d'euros de recettes touristiques d'ici 2030. Devant les professionnels de l'écosystème touristique ultramarin, le ministre a réaffirmé que « les Outre-mer sont l’un des moteurs essentiels de la Destination France.». « Vous êtes déjà en train d'inventer le tourisme de demain. Si la France veut être la référence mondiale du tourisme durable, elle doit regarder vers les Outre‐mer.  Les Outre-mer sont une force vive de notre puissance touristique française. Ensemble, faisons des Outre‐mer des moteurs de France Destination Durable 2030.»

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Il a annoncé la publication d'un guide des financements européens pour le tourisme ultramarin, élaboré avec la DGE, l'ANCT, CCI France et ADN Tourisme. Il a également mis en avant le développement du « spiritourisme » et du tourisme de savoir-faire en citant le soutien de l'Etat sur trois projets emblématiques : la Maison du Manioc en Guyane, le Domaine de Maison Rouge à La Réunion, et l'écosystème Habitation Néron- Papa Rouyo en Guadeloupe. Sur Mayotte, il a salué la mobilisation d'Atout France depuis décembre 2025 pour accompagner la reconstruction de la filière après les cyclones Chido et Dikeledi, et évoqué le prochain sommet Choose France Outre-mer, prévu le 1er octobre.

Le tableau de bord 2025 par territoire révèle toutefois des dynamiques contrastées. En Guadeloupe, les avions se remplissent (+7 % de capacités aériennes, +2 % de passagers) mais les nuitées hôtelières reculent de 9 % — un « paradoxe antillais » pointé par les données d'Atout France, qui traduit une mutation du modèle d'accueil vers l'hébergement entre particuliers (CtoC, +2 %). La Martinique affiche une baisse de 3 % du trafic aérien touristique et de 7 % des nuitées hôtelières. Saint-Barthélemy (+17 % de capacités, +14 % de passagers) et Saint-Martin (+12 % de capacités, +27 % de touristes aériens) se distinguent comme les destinations les plus dynamiques des Antilles. La Réunion et Mayotte progressent sur certains indicateurs, Mayotte accusant encore les séquelles du cyclone Chido. La Nouvelle-Calédonie, en recul de 38 % sur les touristes aériens en 2025, amorce un rebond en 2026.

L'été 2026 confirme ces tendances globalement favorables : la majorité des destinations ultramarines ont enregistré une hausse des capacités aériennes et une fréquentation stable ou en progression. Le prévisionnel pour le quatrième trimestre 2026 est jugé « rassurant », avec des carnets de commandes en hausse sur la plupart des bassins.

Sur le volet investissement, Atout France a présenté pour la première fois un tableau de bord dédié aux Outre-mer. En 2025, l'investissement dans les hébergements marchands représente 93 % des investissements touristiques ultramarins (contre 73 % en Hexagone), avec un montant de 230 millions d'euros, en reprise après la baisse à 165 millions en 2024, mais encore inférieur aux 260 millions atteints en 2023. La Réunion et la Guadeloupe arrivent en tête (54 millions chacune), devant la Guyane (18 millions), la Martinique (16 millions) et Mayotte (6 millions). Six défis structurels ont été identifiés : rénovation d'un parc vieillissant, surcoûts de construction (30 à 50 % de plus que dans l'Hexagone), taille réduite des opérateurs (majoritairement des TPE et PME locaux), rareté du foncier, ingénierie insuffisante et dépendance à la connectivité aérienne.

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Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, a apporté le mot de clôture en insistant sur la nécessité d'un « changement de regard » sur les territoires ultramarins. « On ne peut pas penser uniquement au tourisme hexagonal », a-t-elle affirmé en appuyant sur l'impératif de mobiliser des financements, y compris les fonds européens sous-exploités, pour concrétiser ces projets. « Notre responsabilité à nous,  de venir soutenir,  venir encadrer, c'est venir essayer de pousser un peu.  il faut des financements. On va d'ailleurs aller chercher aussi, au niveau européen, ceux dont on a besoin, parce qu'il y a des fonds destinés et qu'on les a pas assez exploités. Il y a des cartes à jouer ». Naïma Moutchou a appelé à constituer une équipe transversale (élus, entrepreneurs, ministre du tourisme, ministre des Outre-mer ) pour « écrire enfin cette stratégie pour les années qui arrivent ». 

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