L’Institut d’émission des départements d’Outre-mer (IEDOM) vient de publier son Rapport annuel économique et financier de Saint-Barthélemy pour l’année 2025. Sur la période considérée, la conjoncture du territoire reste portée par une fréquentation touristique record. Après la fin des reconstructions suite au passage de l’ouragan Irma en 2017, le secteur du BTP retrouve un nouvel élan grâce à plusieurs projets publics et privés. Grâce à son autonomie fiscale, la Collectivité poursuit ses investissements en infrastructures. Enfin, une récente réévaluation confirme un produit intérieur brut (PIB) par habitant parmi les plus élevés au monde. Tour d’horizon.
Tourisme : Il confirme son statut de principal moteur de l’économie de Saint-Barthélemy. En 2025, l’île a accueilli 333 052 visiteurs, soit une hausse de 6,5% sur un an. La fréquentation touristique s’inscrit désormais durablement à un niveau supérieur à celui observé avant la crise sanitaire et le passage de l’ouragan Irma. Cette dynamique repose sur un positionnement haut de gamme, fondé sur des établissements hôteliers de luxe. Les retombées économiques demeurent particulièrement soutenues, comme en témoigne le produit de la taxe de séjour, qui atteint 17,2 millions d’euros en 2025, en progression de 8,9% sur un an. Le secteur de l’hôtellerie-restauration reste ainsi le premier employeur du territoire, regroupant 35,3% de l’emploi total, soit près de 2472 salariés, contre 20,3 % en 2018.
Bâtiment et Travaux Publics : « En 2025, l’activité du BTP poursuit sa normalisation, après les niveaux élevés atteints lors de la reconstruction post-Irma », relève l’IEDOM. Cependant, les achats de ciment et les salariés du secteur se contractent respectivement de 9,9% et 10,6% sur un an, même si l’activité reste soutenue par des travaux de voirie, de réseaux, et par l’achèvement d’équipements publics. Le BTP demeure un pilier de l’économie de Saint-Barthélemy. Fin 2025, il regroupe près d’un salarié sur cinq et représente également 18,5% des entreprises employeuses de l’île. Le secteur reste dynamique sur le plan entrepreneurial, avec 10,1% des créations d’entreprises enregistrées au cours de l’année. En matière de financement, le BTP représente 2,5 % des encours de crédit.
Agriculture : À Saint-Barthélemy, l’agriculture reste une activité marginale mais en pleine recomposition. En 2020, l’île recensait six exploitations agricoles, soit le double du nombre observé dix ans auparavant. Cette progression s’accompagne cependant d’un recul marqué des surfaces exploitées et de la taille des exploitations. Le secteur s’oriente davantage vers des productions à forte valeur ajoutée, notamment dans les domaines des fleurs et de l’horticulture. Portée par des exploitants plus jeunes qu’auparavant, l’activité se heurte toutefois à une contrainte structurelle majeure : la rareté des terrains disponibles et adaptés à la mise en culture. « Selon la Chambre Économique Multiprofessionnelle (CEM), on estime en 2025 entre 10 et 30 le nombre d’agriculteurs (en incluant les professionnels déclarés et les pluriactifs à temps partiel) », rapporte l’IEDOM.
Transports : La fréquentation des infrastructures de transport de Saint-Barthélemy poursuit sa progression en 2025. L’aéroport Rémy de Haenen, confronté à des contraintes de capacité lors des pics touristiques, enregistre 232 548 passagers, en hausse de 14,2% sur un an. Le trafic maritime est également orienté à la hausse, avec 219 558 arrivées au port de Gustavia (+3,3%). Cette croissance repose notamment sur le dynamisme du marché de la croisière (+16,2%) et sur la bonne performance de la plaisance, qui totalise 41 217 passagers à bord de yachts (+3%). Dans le même temps, le port de commerce conserve une activité soutenue, avec 943 escales de cargos et 8688 conteneurs traités, soit une progression annuelle de 5,2%.
Emploi : Forte de 7121 actifs en 2023, la population de Saint-Barthélemy continue d’afficher une croissance soutenue. Cette dynamique, à l’œuvre depuis plusieurs décennies, est largement portée par l’arrivée de travailleurs extérieurs attirés par les besoins de l’économie locale. Elle accompagne l’essor du tourisme, principal moteur du territoire, et se traduit par une forte concentration de la main-d’œuvre dans les secteurs de l’hébergement-restauration et du bâtiment. « En 2023, le taux d’activité s’établit à 87,6% lorsque le taux de chômage atteint 1,9%. Le taux d’emploi atteint 86%. Les hommes demeurent majoritaires parmi les actifs ayant un emploi (56,7%) », souligne l’IEDOM.
Finances : « En 2025, la Collectivité de Saint-Barthélemy poursuit son programme d’investissement, en lien avec ses priorités d’aménagement et de développement du territoire. Les dépenses réelles d’investissement atteignent 72,8 millions, après 69,1 millions en 2024, dont plus de 20 millions d’euros consacrés aux acquisitions foncières », observe l’IEDOM. En 2025, les investissements publics continuent d’accompagner le développement du territoire. La Collectivité consacre ainsi 9,7 millions d’euros aux infrastructures portuaires, 1,2 million d’euros aux réseaux d’eau potable et 1,8 million d’euros à la caserne des pompiers.
Dans le même temps, les concours bancaires accordés à Saint-Barthélemy s’élèvent à 1,2 milliard d’euros à la fin de l’année, traduisant le dynamisme du financement de l’économie locale. Cette évolution est notamment portée par la progression des crédits à l’habitat (+5,2%), soutenue par le maintien d’une demande soutenue sur le marché immobilier.
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