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Rachat des rhums La Mauny, Trois-Rivières et Duquesne : le préfet autorise l’opération avec 160 hectares de compensation

Le rachat de Bellonie et Bourdillon Successeurs (BBS) par Les Bienheureux est désormais autorisé. Le préfet de la Martinique a validé ce mardi (3 novembre) la cession des parts détenues par Campari, en reprenant intégralement la compensation de 160 hectares demandée par la SAFER. Un sujet de notre partenaire RCI Martinique.

Après l’avis favorable rendu à l’unanimité par la SAFER le 22 octobre, la décision finale appartenait au préfet. Celui-ci a désormais signé l’autorisation permettant à la société française Les Bienheureux (BHR) de reprendre les parts détenues par le groupe Campari dans Bellonie et Bourdillon Successeurs.

BBS produit et commercialise notamment les rhums La Mauny, Trois-Rivières et Duquesne. L’opération entraîne également la prise de contrôle de ses deux filiales, la SCEA Trois Rivières et les Distilleries agricoles Sainte-Luce. La préfecture insiste sur la nature de la transaction : il s’agit d’une vente d’actions et d’un changement d’actionnariat, et non d’une vente directe ou d’une concentration de terres agricoles.

160 hectares à céder dans les trois ans

L’autorisation est toutefois assortie d’une condition importante : la cession de 160 hectares dans un délai de trois ans. La totalité des compensations proposées par la SAFER a été reprise par le préfet.

Ces 160 hectares, situés à Rivière-Pilote et Sainte-Luce, se répartissent ainsi : 35,5 hectares de terres agricoles ; 118,4 hectares d’espaces forestiers, susceptibles notamment d’être utilisés par des apiculteurs ; 6,4 hectares de mangrove.

Lire aussi : Rhums La Mauny, Trois-Rivières et Duquesne : la SAFER donne un avis favorable au rachat, avec 160 hectares en compensation

Les parcelles seront intégrées aux appels à candidatures habituels de la SAFER afin notamment de favoriser l’installation de nouveaux agriculteurs martiniquais. Pour les terres agricoles cédées, un cahier des charges imposera le maintien de leur vocation agricole pendant 30 ans.

Un compromis entre outil industriel et accès à la terre

Le dossier était soumis à la loi Sempastous puisque BBS et ses filiales détiennent en propre plus de 700 hectares de surfaces agricoles, de bois et de mangroves, bien au-delà du seuil de 24 hectares fixé en Martinique pour déclencher ce contrôle.

Avant de rendre sa décision, le préfet a consulté la Collectivité territoriale de Martinique, la Chambre d’agriculture ainsi que les maires de Rivière-Pilote et Sainte-Luce.

Pour les services de l’État, la solution retenue permet de concilier deux objectifs : préserver « l’avenir de l’outil industriel – la distillerie La Mauny et le foncier cannier qui lui est lié », tout en facilitant l’accès au foncier pour de nouveaux agriculteurs martiniquais.

Le feu vert préfectoral vient donc clore la procédure administrative ouverte autour du changement d’actionnariat de BBS, sous réserve désormais du respect des compensations foncières imposées.

RCI Martinique