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Légion d’honneur : Emmanuel Macron remet l’insigne de Commandeur à Marie-José Perec, « femme déterminée » et « un des grands visages de l’athlétisme français »
©Présidence de la République

Le chef de l’État a remis, jeudi soir à l’Élysée, l’insigne de Commandeur de la Légion d’honneur à l’athlète guadeloupéenne. De son enfance en Guadeloupe à l’allumage de la vasque olympique de Paris 2024, Emmanuel Macron a salué cette « femme déterminée » au parcours singulier.

« Vous êtes la première Guadeloupéenne championne olympique, première à avoir conservé son titre sur 400 mètres aux JO, première Française triple championne olympique » a déclaré Emmanuel Macron dans son discours, retraçant son enfance sur l’archipel antillais, « auprès de (ses) parents et de (sa) grand-mère maternelle », avec qui elle suit « les exploits du plus grand boxeur du monde », Mohamed Ali.

De l’UNSS en Guadeloupe à l’Institut national du sport à Paris en 1985, en passant par ses premiers championnats de France où « vous décrochez la deuxième place », Marie-José Pérec atteint en 1988 les quarts de finale du 200 mètres aux Jeux olympiques de Séoul, en 1988. « La grande athlète que vous êtes fait une promesse à la cérémonie de clôture : à Barcelone, vous serez championne olympique ».

Tour à tour Championne de France, championne d’Europe, puis championne du monde au 400 mètres à Tokyo, en 1991, Marie-José Pérec a tenu sa promesse en remportant l’or olympique sur 400 aux Jeux de Barcelone en 1992. « Vous êtes alors l’un des grands visages de l’athlétisme français ».

« Exploit monumental » à Atlanta, « atmosphère irrespirable » à Sydney 

Marie-José Pérec a ensuite rejoint les États-Unis pour être entraînée par John Smith, « pour qui l’exigence du très haut niveau n’exclut pas le plaisir ». « Les résultats sont là. En 1996, à Atlanta, porte-drapeau de l’équipe de France, vous franchissez un nouveau seuil dans l’histoire du sport français : l’or sur 400 mètres, l’or sur 200 mètres. Un doublé incroyable, exploit monumental, vous êtes triple championne olympique ». 

Le chef de l’État n’a pas toutefois éludé la période difficile des Jeux de Sydney où, sous le poids de la pression médiatique, l’athlète guadeloupéenne renonce. « L’atmosphère devient irrespirable. Vous êtes exposée, harcelée, jusqu’à craindre d’aller disputer le titre », rappelle Emmanuel Macron, saluant le courage de « (se) choisir (soi)-même plutôt que de poursuivre, peu importe le prix, cette course aux médailles ». 

« Je sais combien ce moment fut dur. Combien il vous fallut ensuite de force pour le traverser, le dépasser, réussir à le raconter à travers votre livre », a-t-il souligné.

 « Responsabilité de transmettre »

Emmanuel Macron a aussi salué la porteuse de flamme, lors des jeux de Paris 2024, en Guadeloupe puis, lors de la cérémonie d’ouverture, celle qui embrasa la vasque aux côtés d’un autre champion de l’archipel : Teddy Riner. « Même après la fin de votre carrière, vous aurez offert à la France quelques-uns de ses plus beaux moments de sport ».

Au-delà de l’or olympique, le chef de l’État a également souligné « le métal de la volonté et des convictions », revenant sur les engagements de Marie-José Pérec « aux côtés des plus fragiles avec l’UNESCO sur le continent africain », « ou auprès de l’association France Alzheimer et maladies apparentées, dont vous êtes devenue marraine ».

« C’est aussi cela, Marie-Jo Pérec : faire bouger les lignes. Ouvrir de nouvelles voies. Vous battre pour des causes » a-t-l ajouté. « Vous avez aussi endossé cette responsabilité de transmettre aux générations suivantes et à la Fédération française d’athlétisme, vous avez su faire de votre carrière une expérience qui permet à d’autres de mieux viser l’excellence et se libérer de la pression ».

« Nous remercions la femme déterminée, la jeune fille qui avec une facilité confondante est devenue une championne immense, à porter les couleurs du pays qui vous fait vibrer » a conclu Emmanuel Macron avant de décorer Marie-José Pérec de l’insigne de Commandeur.