À l’approche du XXème Sommet de la Francophonie au Cambodge, le CESE appelle la France à reconnaître et à relayer l’apport des Outre-mer à l’espace francophone. Dans une résolution, il propose de soutenir leurs coopérations régionales et de renforcer les échanges entre sociétés civiles francophones.
La résolution a été déposée par Caroline Donge (groupe Environnement et Nature) et Sabine Roux de Bézieux (groupe Agir Autrement), au nom de la délégation aux Outre-mer présidée par Maymounati Moussa. Elle a été adoptée par le CESE en amont du prochain Sommet de la Francophonie à Phnom Penh.
Ce sommet sera consacré « à la paix et au développement durable ». « Les chefs d’État et de gouvernement y fixeront les orientations de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et procéderont à l’élection de sa ou son secrétaire générale ». Ce sera le deuxième Sommet organisé en Asie, après Hanoï en 1997.
Le CESE profite de ce Sommet pour souligner la présence francophone, dans un Pacifique essentiellement anglophone, à travers la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis et Futuna, des « présences de la France » qui « contribuent au dynamisme de la francophonie et aux échanges avec les pays de la région ».
« Leurs réseaux universitaires, économiques et culturels leur permettent de mettre en relation la France, l’espace francophone et les sociétés du Pacifique. Deux de ces territoires disposent également d’un statut propre au sein de l’OIF : la Nouvelle-Calédonie est membre associé depuis 2016 et la Polynésie française est observatrice depuis 2024 », rappelle le CESE.
La résolution propose notamment « que la France reconnaisse et relaie le rôle des Outre-mer lors du Sommet ». Le CESE « soutient également l’action de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, qui associe dialogue entre élus, développement durable et maintien de la paix ».
Pour soutenir les coopérations régionales, le CESE propose un « Erasmus des sociétés civiles francophones » destiné aux jeunes, incluant les Outre-mer et l’ensemble des membres de l’OIF.
« Des projets communs pourraient porter sur l’éducation inclusive, la prévention en santé, notamment auprès des jeunes, la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, les infrastructures résilientes ou l’autonomie énergétique. Ils pourraient associer l’UNESCO, l’Agence française de développement, les conseils économiques et sociaux ou le Fonds Pacifique » explique le CESE dans son communiqué.
La résolution propose aussi de « développer les coopérations des instituts scientifiques français présents en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie avec les pays membres de l’OIF pour mieux connaitre, protéger et surveiller les espaces maritimes ». « Cette coopération pourrait également renforcer la lutte contre les activités illégales, dont la pêche, dans le cadre de l’action de l’État en mer » ajoute-t-on.
Le CESE souhaite aussi « renforcer les échanges entre sociétés civiles francophones, afin de fertiliser leurs projets communs, particulièrement dans le Pacifique ». Il préconise notamment de faciliter les échanges universitaires pour l’enseignement du français comme langue professionnelle, en associant les universités de Polynésie française et de Nouvelle-Calédonie à des établissements français en Asie ou à des partenariats existants avec des universités chinoises, sud-coréennes ou japonaises.
Le CESE propose enfin des échanges entre conseils économiques et sociaux sur la consultation et la participation citoyennes, en partageant son expérience.

