Après deux semaines de manifestations indigènes, le gouvernement brésilien a annoncé vendredi la suspension du dragage du fleuve Tapajós, en Amazonie, où les peuples indigènes s'opposent à l'exploitation fluviale pour l'exportation de céréales.
« Face à la mobilisation des peuples indigènes et (...) en signe de dialogue », le gouvernement a suspendu le recours à un sous-traitant pour les travaux de dragage annuel du Tapajós, dans l'État de Para, selon un communiqué officiel.
Des centaines d'indigènes manifestent et campent depuis plus de deux semaines devant le terminal portuaire du géant agro-industriel américain Cargill, dans le nord du Brésil, contre le dragage et l'exploitation des fleuves amazoniens pour l'exportation de céréales.
Ils exigent l'abrogation d'un décret signé par Luiz Inacio Lula da Silva en août dernier, qui désigne les principaux fleuves amazoniens comme prioritaires pour la navigation de marchandises et l'expansion des ports privés.
Les manifestants réclament également l'annulation d'un appel d'offres fédéral publié en décembre, d'un montant de 74,8 millions de reais (12 millions d'euros), pour la gestion et le dragage du fleuve Tapajós, un important affluent de l'Amazone.
La multinationale américaine Cargill, basée dans le Minnesota possède des activités logistiques agricoles dans tout le Brésil, où elle emploie environ 11 000 personnes.
Le ministère brésilien des Ports a déclaré en janvier que le contrat avec une entreprise pour le dragage d'entretien était nécessaire pour « accroître la sécurité de la navigation (...) et garantir une plus grande prévisibilité dans les opérations de transport de marchandises et de passagers ».
Le Brésil est le premier exportateur mondial de soja et de maïs et, ces dernières années, il a opté pour des ports fluviaux du Nord afin de réduire le coût de l'exportation des céréales.
Avec AFP























