La défense du programme Programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité (POSEI) entre dans une phase jugée déterminante à l’échelle européenne. Dans un contexte de forte mobilisation collective lors du Salon International de l’Agriculture, puis en réaction aux déclarations « rassurantes » de la Ministre des Outremer Naima Moutchou à Tenerife, la Production Locale Réunie (PLR), alerte sur l’importance des décisions actuellement en discussion à Bruxelles, qui pourraient avoir des conséquences durables sur les régions ultrapériphériques (RUP), dont La Réunion.
Selon l’organisation, ces arbitrages concernent à la fois la sécurité alimentaire, l’équilibre économique et la stabilité sociale de ces territoires. Si une mobilisation conjointe des RUP, soutenue par les États membres concernés, notamment la France, est observée, la PLR estime néanmoins que l’issue reste incertaine.
Lire aussi : Union européenne : À Tenerife, les RUP parlent d’une seule voix pour le futur cadre financier européen
Le débat s’inscrit dans le contexte plus large des négociations sur le futur cadre financier pluriannuel de l’Union européenne. Lors d’une réunion tenue à Tenerife le 17 mars 2026, représentants politiques, eurodéputés et acteurs économiques des RUP ont réaffirmé leur opposition à toute suppression ou intégration du POSEI dans des dispositifs généraux de la politique agricole commune (PAC).
Le programme est en effet considéré comme un mécanisme spécifique, fondé sur l’article 349 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, qui reconnaît les contraintes structurelles propres aux régions ultrapériphériques. Sa disparition, selon les acteurs mobilisés, ne pourrait être compensée par d’autres instruments juridiques européens ou nationaux.
Des revendications portées à l’échelle européenne
Un appel commun, signé par près d’une centaine d’organisations issues des RUP françaises, espagnoles et portugaises, a récemment été remis au président de la République française lors du Salon de l’Agriculture. Trois principales demandes y sont formulées : le maintien du POSEI en tant qu’instrument autonome, l’augmentation de son budget, avec un objectif de doublement, et la création d’un dispositif équivalent pour le secteur de la pêche.
Ces revendications ont également été relayées lors de la réunion de Tenerife, où la position française a été réaffirmée par la ministre des Outre-mer, en faveur du maintien des dispositifs spécifiques aux RUP.
Un enjeu stratégique pour La Réunion
Dans son communiqué, la PLR souligne que le POSEI dépasse le seul cadre agricole. L’organisation le présente comme un levier structurant pour l’économie réunionnaise, influençant la production locale, l’emploi et la souveraineté alimentaire.
La production locale représente en effet une part significative de l’activité économique de l’île, avec notamment plus de 6 000 exploitations agricoles et près de 40 000 actifs dans les secteurs agricole et agroalimentaire, selon les données présentées dans le document (page 3).
Dans ce contexte, la PLR appelle les élus réunionnais à maintenir ce dossier parmi leurs priorités et à s’impliquer activement dans les discussions européennes. L’objectif est de peser sur les arbitrages en cours et de défendre les intérêts spécifiques du territoire aux côtés des autres régions ultrapériphériques.





















