Le président du Conseil départemental de La Réunion, Cyrille Melchior, a rencontré mardi 13 octobre 2026 à Paris la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, pour défendre l'agriculture réunionnaise face aux menaces de réduction des financements publics. Il a plaidé pour le maintien des moyens nécessaires à la pérennité des exploitations, à la souveraineté alimentaire et à la préservation des savoir-faire de l'île.
Cyrille Melchior a mis en avant les difficultés rencontrées par la profession : « Les agriculteurs réunionnais font face à des difficultés croissantes, pour ne citer que la hausse des coûts de production, les aléas climatiques et la concurrence des importations ».
Selon les données du Département, plus de 30 % des exploitations seraient en difficulté financière, exposant particulièrement les petites structures familiales au risque de disparition.
Le président du Département a également alerté : « Sans soutien renforcé, c'est tout un écosystème qui s'effondre : emplois, savoir-faire, biodiversité et résilience alimentaire ».
Pour la collectivité, la ponction annoncée de 17 millions d'euros sur la filière canne-sucre constitue une menace supplémentaire pour l'équilibre économique de ce secteur, de la production agricole aux activités industrielles, déjà fragilisées.
Le Conseil départemental indique consacrer chaque année en moyenne 40 millions d'euros à l'agriculture, à travers des aides directes, le soutien à l'innovation et la modernisation des infrastructures, notamment pour la gestion des effluents d'élevage. C'est dans ce cadre qu'une délibération relative à la station de Camp Pierrot a été adoptée le 23 septembre 2026. Cyrille Melchior a insisté : « Nous ne pouvons pas laisser nos agriculteurs payer le prix d'une désindustrialisation silencieuse ».
Avec près de 18.000 emplois directs et indirects, l'agriculture constitue un pilier économique, social et culturel de l'île. Cyrille Melchior appelle l'État à préserver les financements nécessaires pour accompagner les exploitants, consolider les filières locales et garantir l'avenir de l'agriculture réunionnaise.

