Face à l'interruption progressive du trafic fluvial en Guyane provoquée par un déficit de précipitations, le préfet a décidé d'activer le plan Orsec « sécheresse », a annoncé la préfecture mercredi.
Le plan Orsec (Organisation de la réponse de sécurité civile) est le dispositif d'urgence qui coordonne l'ensemble des moyens publics et privés pour faire face à une catastrophe, un accident majeur ou une crise.
Cette décision a été prise « en concertation avec la collectivité territoriale et les communes concernées » pour venir en aide aux populations isolées, précise la préfecture dans un communiqué. A compter de jeudi, « le centre opérationnel de zone, renforcé par la mission d'appui de la sécurité civile, assurera quotidiennement la coordination et la priorisation des moyens logistiques civils et militaires », a détaillé la préfecture.
Ces opérations de ravitaillement cibleront les communes dépourvues d'accès routier : à l'ouest, le long du fleuve Maroni (Maripasoula, Papaïchton et Grand-Santi), et au sud-est, sur le fleuve Oyapock (Camopi).
L'objectif est d'assurer l'acheminement de biens de première nécessité à un prix raisonnable, le maintien du service public de l'éducation pour la rentrée des vacances de la Toussaint et le bon fonctionnement des moyens de production d'eau potable, y compris sur le littoral.
La Guyane subit depuis plusieurs mois un important déficit pluviométrique sous l'effet d'un épisode El Niño d'une intensité exceptionnelle. Ce manque d'eau a entraîné une forte baisse du niveau des cours d'eau du territoire.
El Niño est un phénomène naturel qui revient tous les deux à sept ans. Les eaux de surface dans le centre et l'est du Pacifique équatorial se réchauffent à partir du printemps, ce qui entraîne les mois suivants des modifications majeures des régimes de vents, de pression et de précipitations à l'échelle mondiale.
L'ONU a prévenu mercredi que le phénomène El Niño en cours pourrait être « sans précédent » et « littéralement dépasser les échelles de suivi » actuelles.
Avec AFP

