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Guadeloupe : Le comité syndical du SMGEAG adopte les statuts de la nouvelle régie Archipel'EAU
© RCI Guadeloupe

Les élus du SMGEAG ont adopté les statuts de la nouvelle régie unique Archipel’EAU, dotée d'un budget initial de 45 millions d'euros. Cette structure récupère la gestion opérationnelle du réseau et le transfert de plus de 300 agents, tandis que le syndicat conserve les investissements futurs. Détails avec notre partenaire RCI Guadeloupe.

Une étape décisive vient d’être franchie dans la restructuration du secteur hydrique guadeloupéen.

Ce lundi 26 octobre, les élus du Syndicat mixte de la gestion de l’eau et de l’assainissement de la Guadeloupe (SMGEAG) se sont rassemblés en comité syndical pour entériner les statuts de la nouvelle régie unique, baptisée Archipel’EAU, et formaliser le transfert d’une partie de leurs compétences.

Désormais, la régie prendra en charge la gestion opérationnelle de la distribution ainsi que les interventions du quotidien, notamment la réparation des fuites.

De son côté, le SMGEAG conservera la haute main sur les investissements stratégiques destinés à moderniser le réseau.

Ce redéploiement s'accompagne du transfert de plus de 300 agents du syndicat mixte vers la nouvelle structure.

Un soulagement financier et une réorganisation interne

Pour le président du SMGEAG, Henri Yacou, cette transition apporte une bouffée d'air sur le plan budgétaire, tout en amorçant un virage organisationnel majeur pour les équipes restantes : «Cela va me soulager financièrement, même si nous restons solidaires. Cela signifie que nous passons à une autre étape de restructuration, mais aussi de maîtrise de la masse salariale. Ce sera plus facile avec le personnel qui va rester chez nous, soit une cinquantaine d'agents, tandis que d'autres partiront notamment en formation ou en retraite anticipée.»

Parallèlement, le budget initial de la régie Archipel’EAU a été officiellement voté à hauteur de 45 millions d’euros.

Cartographier et financer le réseau

Afin de consolider la stratégie à long terme, les élus ont également validé le recours à une assistance à maîtrise d’ouvrage.

Selon Henri Yacou, cette expertise externe permettra de structurer la gestion technique et la recherche de fonds : « L'avantage de cette assistance en maîtrise d'ouvrage sera de réaliser une cartographie de l'ensemble du réseau. Il s'agit de capitaliser toutes les études existantes dans un seul document. Pour cela, nous ferons appel à des professionnels qui nous apporteront une ingénierie juridique et nous aideront à aller chercher les financements nécessaires. Le montant de 2 milliards d'euros est évoqué dans tous les rapports. Je me suis inspiré de ce qui s'est fait à la RATP en Île-de-France pour financer le réseau. Si nous réussissons à faire aboutir ce dossier, ce sera le projet le plus impactant financièrement pour la Guadeloupe sur les 20 à 30 dernières années.»

La quête d'investissements privés pour garantir l'avenir de l'eau

L'amélioration durable du service reste étroitement liée à la capacité d'autofinancement et de recherche de capitaux.

Face aux contraintes budgétaires actuelles, une part croissante des élus préconise de faire appel à des investisseurs privés.

Pierre Porlon, vice-président de la régie Archipel’EAU et membre du comité syndical du SMGEAG, défend cette orientation stratégique en soulignant l'attractivité économique du secteur : «L'État n'a plus d'argent, et les collectivités non plus. Or, solliciter les collectivités ou les établissements publics revient à solliciter les citoyens. Si des acteurs disposent des moyens d'investir pour faire avancer la situation, il faut qu'ils le fassent. Beaucoup de gens seraient capables d'investir dans l'eau, car contrairement aux idées reçues, c'est un secteur rentable malgré nos difficultés actuelles. Si des groupes comme Veolia s'implantent dans le monde entier pour gérer cette ressource, c'est bien parce que c'est un secteur viable.»

L'amélioration durable du service reste étroitement liée à la capacité d'autofinancement et de recherche de capitaux.

Face aux contraintes budgétaires actuelles, une part croissante des élus préconise de faire appel à des investisseurs privés.

Par RCI Guadeloupe