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Évolution du prix du billet d’avion en Outre-mer : un rapport avec 14 propositions formulées par le député Jiovanny William et une promesse de résultats pour la ministre Naïma Moutchou
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Le député de la Martinique Jiovanny William a remis ce 24 septembre à la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou son rapport sur le prix des billets d'avion en Outre-mer. Quatorze propositions opérationnelles, un levier fiscal identifié comme prioritaire, et un mot d'ordre partagé : l'urgence.

Après plusieurs mois de d'auditions et de rencontre, le député de la Martinique Jiovanny William a remis à la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou un rapport « technique, avec des mesures juridiquement applicables»  construit sur le long cours, en consultant les territoires sur un sujet crucial : le coût du billet d'avion. «La vie chère, c'est un fléau pour nos compatriotes dans les Outre-mer depuis très longtemps. Fléau structurel, ancien», résume la ministre. «On ne peut pas diminuer la distance géographique, mais on peut essayer de diminuer la distance économique en revanche.»

Lire aussi : Le député de la Martinique Jiovanny William chargé d'une mission nationale sur le prix des billets d'avion

14 propositions, trois horizons

Le rapport de Jiovanny William se veut opérationnel. Pas un catalogue d'intentions, mais un outil de travail. «Ce n'est pas un rapport pour faire un rapport. Je tiens à le souligner», dit le député. Les 14 propositions sont structurées en trois séquences - court, moyen et long terme - et couvrent plusieurs registres : obligations de service public, mesures législatives, leviers réglementaires, discussions avec les compagnies aériennes et implication des collectivités territoriales.

Le chantier prioritaire identifié par William est fiscal. «Il y a un poids fiscal énorme sur le prix des billets d'avion. Et en faisant des bougées sur le plan fiscal, on peut faire bouger aussi le prix des billets.» Dans le viseur : la TSBA, la taxe de solidarité sur les billets d'avion, connue sous le nom de "taxe Chirac". Sur ce point précis, Naïma Moutchou se dit optimiste sur une évolution dans «les prochaines semaines».

Urgence et pragmatisme

Jiovanny William ne cache pas la pression. Il a consulté les territoires, la diaspora établie en Hexagone. Le constat est unanime. «Il y a urgence, il y a urgence. Vraiment, il y a urgence. Ce n'est pas uniquement du voyage villégiature. C'est un rapprochement de famille, ce sont pour nos étudiants, c'est pour la santé.»

Pour autant, le député appelle à la lucidité. Des arbitrages seront nécessaires, des négociations avec les compagnies aériennes à mener. Sur leur éventuelle résistance, sa réponse est directe : "À un certain moment, je pense que les compagnies n'auront pas d'autre choix, parce que s'il n'y a pas de passagers, il n'y a pas de compagnie. Et on sait parfaitement que nous, étant captifs, nous avons besoin de voyager et donc les compagnies ont besoin de nous."

William plaide aussi pour davantage de liaisons entre territoires ultramarins. «Je crois réellement à notre continuité régionale. Nous devons faire en sorte qu'il y ait des échanges plus importants entre nos régions, par bassin notamment.» Une vision qui implique plus de concurrence, une harmonisation fiscale et une concertation inter-territoriale.

Quelle suite concrète ?

Naïma Moutchou a détaillé les prochaines étapes. Une séquence entièrement dédiée au prix des billets d'avion sera organisée dans le cadre des concertations sur le projet de loi contre la vie chère, pour permettre au député de restituer ses travaux aux parlementaires. En parallèle, le projet de loi de finances dont la discussion s'ouvre à mi-octobre pourrait accueillir certaines des préconisations. «Tous les scénarios sont ouverts, tous les scénarios sont possibles, y compris dans le projet de loi de finances», dit la ministre.

Sur l'argument du calendrier électoral chargé, Naïma Moutchou balaie : «Le calendrier électoral ne doit pas nous empêcher de travailler, sinon on irait faire autre chose. Il y a encore des mois utiles devant nous, il faut se saisir de toutes les occasions.» L'événement «Choose Outre-mer», prévu le 1er octobre à la Banque de France, s'inscrit dans ce même élan (attractivité des territoires, pouvoir d'achat, perspectives économique)

La promesse faite aux ultramarins, en substance : ce rapport ne restera pas dans un tiroir. «Vraiment essayer de faire en sorte qu'enfin, sur ce sujet qu'on connaît si bien, on puisse obtenir des résultats», conclut la ministre.