En moyenne, les délais de règlement accordés aux clients enregistrent une diminution de deux jours, pour se fixer à 39 jours de chiffre d’affaires, tandis que les délais de paiement consentis aux fournisseurs demeurent stables à 49 jours d’achats, selon un rapport publié par la division Observatoire économique et des établissements de crédit de l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM). Dans les départements et collectivités d’Outre-mer (DCOM), les délais de paiement restent toutefois plus longs qu’en France hexagonale, où les délais observés sont de 28 jours pour les clients et 36 jours pour les fournisseurs.
Bien que les délais de paiement observés demeurent inférieurs au seuil légal de 60 jours, près d’une entreprise sur quatre implantée dans les DCOM de la zone euro présente néanmoins des délais clients moyens excédant cette limite. « Or, l’impact des retards de paiement est très significatif : la trésorerie nette susceptible d’être mise à disposition des entreprises ultramarines si aucun retard de paiement n’était constaté s’élèverait à 435 millions d’euros », relève l’IEDOM.
Au niveau sectoriel, les délais clients sont en repli dans presque tous les secteurs d’activité. Ils se contractent notamment dans la construction et le soutien aux entreprises. Toutefois, les délais de paiement du secteur public local et hospitalier augmentent en 2025, en dépit de niveaux déjà très supérieurs aux seuils en vigueur. Les délais de règlement des très petites entreprises (TPE), qui constituent la majorité du tissu économique ultramarin, reculent pour s’établir à 35 jours. Les petites et moyennes entreprises (PME) maintiennent, pour leur part, des délais clients stables à 58 jours, tandis que les délais fournisseurs demeurent supérieurs au seuil légal, atteignant 67 jours. Déjà particulièrement importants, les délais de paiement observés au sein des entreprises de taille intermédiaire (ETI) connaissent en 2024 une nouvelle dégradation.
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Penchons-nous maintenant sur les territoires. En Guadeloupe, les délais clients et fournisseurs se contractent respectivement de 3 jours à 38 jours et d’un jour à 48 jours, et les besoins de trésorerie à 7 jours (comme dans l’Hexagone). Les demandes de paiement reculent par ailleurs de 2,4%. « En Martinique, les entreprises sont réglées plus rapidement par leurs clients (-2 jours à 39 jours), mais payent leurs fournisseurs plus tardivement qu’en 2023 (+1 jour à 51 jours) », souligne l’IEDOM. Les besoins de trésorerie sont en repli de 2 jours pour s’établir à 9 jours.
Les délais de paiement en Guyane demeurent parmi les plus élevés, mais leur évolution reste favorable : pour la quatrième année consécutive, ils reculent pour s’établir à 46 jours côté clients (-4 jours) et à 51 jours pour les délais fournisseurs (-1 jour). Pour autant, les besoins en financement sont plus importants. En outre, le délai de paiement du comptable (DPC) se détériore en 2025, passant de 5,3 à 5,8 jours, soit une hausse de 9,2%. Mais au final, la situation de la trésorerie s’est fortement améliorée sous l’effet de la dynamique de l’octroi de mer et du haut niveau de subventionnement des dépenses d’investissement, d’après l’IEDOM.
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« À La Réunion, les délais de paiement reculent d’un jour, à 37 jours de chiffre d’affaires (délais clients) et 46 jours d’achats (délais fournisseurs), soit les délais les plus courts observés parmi les DCOM de la zone euro », observe le rapport. Cependant, La Réunion connaît une détérioration de son taux de paiement qui augmente de 4,2 points pour s’établir à 19,6%, soit le niveau le plus élevé parmi les départements et régions d’Outre-mer (DROM) en 2025 et largement supérieur à la moyenne ultramarine (10,7%).
Alors que les DROM en général ont réalisé des progrès concernant leurs délais de paiement en 2024, les entreprises mahoraises se caractérisent par une dégradation de ces derniers, tant clients (58 jours, +1 jour) que fournisseurs (62 jours, +1 jour), lesquels demeurent au-delà du seuil réglementaire. Cette détérioration s’explique en partie par les conséquences du cyclone Chido, qui a frappé l’île en décembre 2024 et désorganisé l’ensemble de la chaîne des paiements. De ce fait l’écart avec la France hexagonale (délais fournisseurs) se creuse de 26 jours de plus à Mayotte, contre 13 jours dans les DCOM.


