Le 8 octobre 2026, les représentants de la Région Guadeloupe, la Région La Réunion, la Collectivité Territoriale de Martinique et la Collectivité de Corse ont signé à Ajaccio une « Convention de partenariat portant création du réseau de coopération ENERG’ÎLES », visant notamment à coordonner le développement de projets de transition écologique et d'autonomie énergétique adaptés aux spécificités insulaires. La Convention a été signée dans le cadre d’un colloque organisé en Corse les 8 et 9 octobre.
Dans les Zones Non Interconnectées (ZNI) et plus largement dans les territoires insulaires, l’autonomie énergétique s’impose comme un axe stratégique de développement. La dépendance aux importations, notamment en matière d’énergie, expose ces régions à une vulnérabilité structurelle, accentuée par les conséquences croissantes du changement climatique, qui amplifient les risques économiques, environnementaux et sociaux auxquels elles sont confrontées.
Dans ce contexte, la Guadeloupe, la Martinique, La Réunion et la Corse ont développé une coopération interterritoriale fondée sur le partage d’expériences, de compétences et de ressources, afin de mieux faire reconnaître les spécificités énergétiques des territoires insulaires auprès des instances nationales. Malgré leur éloignement géographique, cette dynamique collaborative s’est traduite par des contributions conjointes aux principaux processus de concertation et de régulation, notamment dans le cadre du Débat national sur la transition énergétique et des consultations conduites par la Commission de régulation de l’énergie.
Selon la Convention, « il s’agit en particulier : d’améliorer la gouvernance EnR-MDE (Énergie Renouvelable – Maîtrise de la Demande en Énergie, ndlr), en veillant à la mise en cohérence des politiques nationales et locales tant dans leurs orientations que dans les moyens mis en œuvre, et d’œuvrer à la structuration de l’ensemble des filières, de l’offre de formation initiale à la recherche et développement, en passant par leurs modalités de soutien et de développement ».

Dans les Zones Non Interconnectées (ZNI), notamment la Guadeloupe, la Martinique, La Réunion et la Corse, l’État et les collectivités élaborent des Programmations pluriannuelles de l’énergie (PPE) spécifiques. Celles-ci fixent les priorités en matière de maîtrise de la demande énergétique, de diversification des sources, de sécurité d’approvisionnement, ainsi que de développement du stockage et des réseaux.
Cependant, en matière de mobilité durable, malgré les initiatives déjà engagées localement, les contraintes techniques, organisationnelles et financières freinent l’atteinte des objectifs, alors même que le secteur des transports demeure l’un des principaux postes de consommation énergétique et d’émissions de gaz à effet de serre, déplore la Convention.
« Satisfaire les objectifs de la transition énergétique ne nécessite pas « quelques ajustements » mais des mutations profondes des économies de nos territoires. Il s’agit en particulier d’accompagner l’ensemble des acteurs pour se renforcer et se structurer afin d’être en mesure d’agir localement en valorisant au travers de circuits vertueux des emplois locaux non délocalisables », ajoute le texte.
En conclusion, le réseau ENERG’ÎLES précise qu’il n’est doté d’aucune personnalité juridique propre. Ses objectifs déclarés sont : « La concertation entre Collectivités sur les sujets d’intérêt commun ; Le développement de projets inter-régionaux ; et la promotion des intérêts communs aux ZNI auprès des instances nationales voire internationales ». La gouvernance du réseau s’effectue par un Comité de pilotage (COPIL) et d’un Comité technique (COTECH). Par ailleurs, toute collectivité disposant du statut de ZNI peut rejoindre le réseau sous réserve de l’accord à l’unanimité des membres fondateurs. Un prochain colloque est prévu en 2028.
► Présentation Powerpoint du colloque ENERG’ÎLES (également appelé Energ’isul) 2026 à Ajaccio

