Interpellée à l'Assemblée nationale par le député martiniquais Marcelin Nadeau sur la baisse des crédits agricoles des Outre-mer, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard conteste le chiffre de 24 millions d'euros avancé par les élus et les agriculteurs. La seule réduction nette, selon elle, touche la filière canne : 5 millions d'euros, et non 17. Une baisse qu'elle reconnaît, tout en promettant que l'État sera « au rendez-vous » de la filière.
Depuis plusieurs semaines, les élus ultramarins et les acteurs agricoles dénoncent depuis la présentation du projet de loi de finances pour 2027 dont une coupe d'environ 17 millions d'euros sur les crédits nationaux consacrés à la canne, pilier de la production de sucre et de rhum aux Antilles et à La Réunion. Ce mercredi 28 octobre dans l'hémicycle du palais Bourbon, le député de la Martinique Marcellin Nadeau est revenu sur cette baisse de crédits pour la filière agricole des Outre-mer. Pour lui ce sont « plus de 24 millions d'euros de crédits nationaux consacrés à l'agriculture des dix Outre-mer » qui sont menacés : canne-sucre-rhum, banane, élevage, fruits et légumes. « Ces choix sont incompréhensibles tant ils fragilisent les revenus agricoles, l'emploi, la transmission des exploitations et, pour tout dire, notre capacité à produire localement. ». « Nous demandons un changement de cap consistant à protéger le foncier agricole, soutenir les productions vivrières, développer l'élevage et la pêche, accompagner la transition agroécologique et garantir les débouchés rémunérateurs aux producteurs locaux », a déclaré Marcellin Nadeau tout en réclamant le maintien de ces aides.
Un montant de baisse de crédits qu'a contesté la ministre de l'Agriculture Annie Genevard,notamment pour la filière canne. « Pour la canne, la baisse par rapport à 2026 est de 5 millions et non de 17 millions. », a-t-elle rectifié. La ministre ne nie pas l'effort demandé. « C'est la seule réduction nette, je vous donne le point. Je ne la minimise pas », reconnaît-elle. Et de prendre un engagement : « Je le redis, l'État sera au rendez-vous de la filière canne dans ses conventions. »
Sur le front européen, elle affirme aussi avoir sécurisé, dans le cadre de l'organisation commune des marchés (OCM), les règles de contractualisation propres à la filière canne, que la Commission européenne voulait aligner sur celles d'une autre filière.
«La baisse réelle est de 5 millions et non de 24 »
Pour la ministre, la baisse réelle des crédits pour la filière agricole des Outre-mer s'élève donc à 5 millions au lieu des 24 millions d'euros dénoncés par les élus (17 millions pour la canne, 1,7 million pour la banane et 5 millions pour la majoration 2025, soit 23,7 millions d'euros.).
Concernant la baisse de 5 millions du régime spécifique d'approvisionnement (aide au fret), la ministre a précisé qu'il s'agissait «d'une majoration exceptionnelle pour 2025». « Le fait qu'elle redescende n'est donc pas illogique. L'enveloppe de l'aide au fret reste bien de 26,9 millions d'euros comme l'an dernier». L'enveloppe d'1,7 million d'euros ponctionnée sur la filière banane est selon la ministre de l'agriculture « redéployé vers la diversification (élevage aux Antilles, filières végétales, aides en Guyane et à Mayotte) » pour renforcer l'autonomie alimentaire. «Ça n'enlève pas un centime à l'outre-mer», a ajouté Annie Genevard.
Annie Genevard a rappelé enfin que la France consacre « environ 330 millions par an » à compenser le gel de l'enveloppe européenne du POSEI, le programme qui adapte la politique agricole commune aux régions ultrapériphériques.

