L'ensemble des eurodéputés des régions ultrapériphériques (RUP) a exigé des garanties budgétaires pour ces territoires dans le futur budget de l'Union européenne, dans un courrier adressé aux dirigeants européens, a annoncé jeudi le vice-président du Parlement européen Younous Omarjee.
«Le futur budget européen devra traduire concrètement l'engagement de l'Union en faveur de sa cohésion territoriale et de ses régions les plus éloignées», écrivent les signataires, dans ce texte initié par Younous Omarjee et les coprésidents de l'intergroupe sur les RUP, Gabriel Mato, Juan Fernando López Aguilar et Paulo do Nascimento Cabral.
Dans cette lettre, les signataires interpellent la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen António Costa et le Premier ministre irlandais Micheál Martin, dont le pays préside le Conseil de l'UE.
A l'occasion du sommet européen des 15 et 16 octobre consacré au prochain budget communautaire, ces parlementaires alertent sur la nécessité de préserver des financements «spécifiques» dans le futur cadre financier pluriannuel 2028-2034.
Ils réclament le maintien d'enveloppes d'un niveau «au moins équivalent» à celui de la programmation actuelle (2021-2027) pour les instruments liés au développement territorial. Les élus demandent l'instauration d'un mécanisme de sauvegarde qui garantirait une dotation minimale pour chaque région. Cette garantie, soulignent les eurodéputés, « constituerait un plancher budgétaire juridiquement contraignant, et permettrait de préserver la capacité d'investissement des RUP ». Elle concernerait les grands instruments de la politique de cohésion et du développement territorial : FEDER, FSE, Interreg, FEADER, FEP, assortis de leurs taux de cofinancement majorés.
Le courrier exige également la préservation des allocations destinées à compenser les surcoûts liés à l'éloignement et à l'insularité, de même que le maintien du programme agricole spécifique Posei de soutien à l'agriculture. Ils rappellent la position déjà adoptée par le Parlement européen sur le CFP 2028-2034, qui réclame une augmentation de l'enveloppe POSEI de 7,33 milliards d'euros en prix courants. Un signal fort, qui prolonge le vote du Parlement du 30 avril dernier en faveur du rétablissement d'une ligne budgétaire spécifique et du doublement du POSEI.
Dernier axe du courrier : la pleine mise en œuvre, dans le futur CFP, de la nouvelle stratégie européenne pour les RUP et du paquet législatif Omnibus présentés par la Commission européenne le 10 septembre 2026. Les signataires y voient « une avancée importante dans la reconnaissance des réalités propres à ces territoires et dans l'application de l'article 349 du TFUE », mais préviennent : « leur traduction législative et budgétaire doit être pleinement soutenue afin de garantir que les ambitions affichées se concrétisent en mesures effectives au bénéfice des populations et des économies ultramarines. »
Les régions ultrapériphériques (RUP) sont neuf territoires de l'Union européenne situés à des milliers de kilomètres du continent: la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, Mayotte, La Réunion et Saint-Martin (France), les Açores et Madère (Portugal) et les îles Canaries (Espagne).
Elles font partie intégrante de l'UE mais bénéficient de mesures spécifiques pour compenser leurs handicaps (éloignement, insularité, faible superficie, relief et climat difficiles, dépendance économique à un petit nombre de produits).
Avec AFP

