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Assurances : Liberty Mutual Reinsurance et Celest.Science veulent améliorer les indemnités lors de cyclones tropicaux en évitant les données météo manquantes
Une maison de La Réunion après le passage du cyclone Garance ©Ville de Sainte-Suzanne

Liberty Mutual Reinsurance (LM Re) a annoncé une collaboration avec la start-up montpelliéraine Celest.Science afin d'améliorer la collecte de données lors des passages de cyclones tropicaux et éviter de retarder les indemnisations. Si les Outre-mer ne sont pas directement concernés, cette technologie concerne tout de même des assureurs présents dans les territoires ultramarins.

Liberty Mutual Reinsurance (LM Re) est un réassureur qui intervient auprès des compagnies d'assurance, en prenant en charge une partie des risques qu'elles couvrent. « Cela leur permet notamment de mieux faire face aux conséquences financières de catastrophes naturelles majeures, comme les cyclones » explique l'entreprise.

Celest.Science est une entreprise française basée à Montpellier, qui « apporte une expertise approfondie en intelligence climatique, en mobilisant l’intelligence artificielle, la physique du climat et la modélisation avancée pour combler les lacunes là où les données d’observation sont limitées ».

Elle travaille avec de grands acteurs internationaux de l'assurance, notamment Zurich Insurance et compte également Allianz parmi ses références, un groupe présent dans les territoires ultramarins. « Celest.Science n'est donc pas directement implantée en Outre-mer, mais ses technologies y sont utilisées à travers les activités de ses clients et partenaires assureurs ».

La collaboration entre ces deux entreprises vise « à explorer le développement d’une méthodologie de continuité destinée à soutenir la caractérisation des événements dans le cadre de l’assurance paramétrique contre les cyclones tropicaux, lorsque des données météorologiques clés sont indisponibles ou retardées ». En d'autres termes, éviter que des informations météorologiques manquantes après un cyclone ne retardent les indemnisations.

« Pour cela, Liberty Mutual Reinsurance et Celest.Science cherchent à trouver un moyen de reconstituer ces informations afin que les assureurs puissent vérifier rapidement si les conditions d'indemnisation sont remplies » ajoute-t-on. Par exemple, lorsqu'un cyclone frappe un territoire ultramarin, certaines assurances permettent de déclencher une indemnisation dès lors que le cyclone dépasse une certaine intensité ou traverse une zone géographique définie à l'avance, sans attendre l'évaluation des dégâts.

« Mais pour vérifier ces conditions, les assureurs ont besoin d'informations précises sur la vitesse des vents, la trajectoire du cyclone ou les zones touchées. Or, lors d'un événement extrême, certaines stations météo peuvent tomber en panne et les données satellites ou autres observations peuvent être incomplètes ou retardées » précise-t-on.

Grâce aux modèles de Celest.Science « associant intelligence artificielle et physique du climat, la deeptech française cherche à reconstituer les informations manquantes en croisant différentes sources de données ». « L'objectif du partenariat avec Liberty Mutual Reinsurance est donc de tester cette approche pour rendre les systèmes d'assurance paramétrique plus fiables et faciliter, à terme, des indemnisations rapides après une catastrophe ».

Pour précision, l’assurance paramétrique peut prévoir un paiement lorsque des paramètres convenus à l’avance concernant un événement, tels que la trajectoire, l’intensité ou l’empreinte d’une tempête, sont atteints, plutôt qu’en fonction d’une évaluation des pertes.

Au-delà de ce partenariat, les technologies de Celest.Science pourraient avoir des applications particulièrement intéressantes pour les territoires ultramarins, assure-t-on. L'entreprise développe également des modèles capables d'anticiper certaines conditions climatiques plusieurs semaines, voire plusieurs mois à l'avance.

« Ces prévisions pourraient notamment aider les agriculteurs à mieux se préparer aux sécheresses ou aux fortes pluies, les acteurs de l'énergie à anticiper leurs besoins et leur production, ou encore les assureurs et les entreprises à mieux évaluer les risques climatiques auxquels ils sont exposés », insiste l'entreprise.

« L'enjeu est ainsi de mieux anticiper les événements climatiques extrêmes et de limiter leurs conséquences économiques, un sujet particulièrement important pour les territoires ultramarins », conclut-on.