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Agriculture en Outre-mer : le sénateur de la Guadeloupe Victorin Lurel alerte sur les menaces de réductions budgétaires
© Le sénateur de la Guadeloupe Victorin Lurel ©DR

Dans une lettre envoyée le 18 septembre 2026 au Premier ministre Sébastien Lecornu, à la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou et à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, le sénateur de la Guadeloupe Victorin Lurel (Groupe Socialiste, Écologiste et Républicain) tire la sonnette d'alarme sur les périls que font peser les menaces de réductions budgétaires sur les filières agricoles ultramarines, déjà confrontées à d’importantes difficultés structurelles, à la concurrence et aux effets du dérèglement climatique.

 L’ancien ministre des Outre-mer, dorénavant membre de la Commission des finances du Sénat et Rapporteur spécial des crédits du ministère de l’Agriculture, alimentation, forêt et affaires rurales, rappelle tout d’abord que la diversification agricole se trouve fragilisée par l’introduction de stabilisateurs budgétaires et par la suppression de l’abondement national de 5 millions d’euros prévu en 2025 pour compenser une partie du coût du fret lié à l’alimentation animale dans le cadre du Régime d’approvisionnement spécifique. Ces évolutions créent ainsi une incertitude majeure quant aux financements mobilisables, entraînant une dégradation de la compétitivité des filières locales face aux importations et, à terme, une hausse du coût de la vie pour les populations.

 « Concernant la filière banane, une réduction de 1,7 million d’euros de l’enveloppe consacrée à cette production serait envisagée alors même que les exploitations de Guadeloupe et de Martinique font face à des difficultés structurelles persistantes notamment liées à la cercosporiose noire. Concernant enfin la filière canne-sucre-rhum, une diminution de 17 millions d’euros de l’enveloppe nationale qui passerait de 147 millions d’euros à 130 millions d’euros dans le PLF 2027 fait redouter le pire à cette production structurante pour notre économie et notre agriculture et fortement exposée à la concurrence », prévient le sénateur Lurel.

Des défis structurels majeurs aux Antilles

Soit au total, 24 millions d’euros, « anecdotiques au regard de l’ensemble du budget de l’État », qui pourraient obérer sensiblement le développement de l’agriculture en Outre-mer, principalement aux Antilles, déjà confrontées à des défis structurels majeurs (inflation, compétitivité, cherté de la vie, maladie des cultures et bouleversement du climat). Ce resserrement budgétaire au niveau national apparaît également en contradiction avec la position défendue par le gouvernement auprès des instances européennes, visant à renforcer l’appui apporté aux régions ultrapériphériques dans le cadre du prochain cadre financier pluriannuel 2028‑2034, souligne Victorin Lurel.

 Ce dernier salue la mobilisation de l’État pour débloquer 1,3 milliard d’euros en soutien aux agriculteurs affectés par l’épisode de sécheresse d’une intensité exceptionnelle dans l’Hexagone, mais il indique toutefois que les filières ultramarines, également touchées par des aléas climatiques comparables, ne peuvent tirer pleinement parti de certains dispositifs déployés au niveau national. À titre d’exemple, le guichet exceptionnel d’aide à l’achat d’engrais azotés, doté de 145 millions d’euros, ne semblerait pas pouvoir bénéficier intégralement aux exploitations situées en Outre‑mer.

 Sanctuariser les crédits dédiés aux agricultures ultramarines

Dans sa lettre au Premier ministre, le sénateur Lurel entend « fixer des lignes rouges » pour le budget 2027, et en particulier la sanctuarisation des crédits dédiées aux agricultures ultramarines, tout comme à ceux de l’Hexagone. « Pour les filières de diversification : renouveler l’abondement de 5 millions d’euros pour la prise en charge d’une partie du coût du fret de l’alimentation animale via le Régime d’approvisionnement spécifique – RSA. - Pour la filière sucre-canne-rhum : sanctuariser l’enveloppe nationale, négocier un nouveau rehaussement du plafond de l’aide nationale et sanctuariser voire indexer la prime bagasse sur l’inflation pour éviter une dépréciation des revenus des planteurs », écrit-il.

« Maintenir l’enveloppe destinée aux producteurs de banane. - Aboutir à un renforcement du soutien accordé aux régions ultrapériphériques dans le prochain budget européen 2028-2034 à travers notamment la hausse voire le doublement du budget du POSEI (« Programme d'options spécifiques à l'éloignement et à l'insularité », programme européen de soutien à l'agriculture des régions ultrapériphériques (RUP) de l'Union européenne, ndlr) et le rééquilibrage de sa répartition », conclut Victorin Lurel, qui appelle à des réponses structurelles.