Un Temps des Mémoires 2026 exceptionnel marqué par les 25 ans de la Loi Taubira avec un évènement à dimension internationale le 21 mai à l’Élysée

Un Temps des Mémoires 2026 exceptionnel marqué par les 25 ans de la Loi Taubira avec un évènement à dimension internationale le 21 mai à l’Élysée

Lancé par la Fondation de la Mémoire pour l’Esclavage, le Temps des Mémoires 2026 revêt un caractère exceptionnel cette année marqué par les 25 ans de la Loi Taubira, texte de loi voté en 2001 reconnaissant l’esclavage et la traite comme crimes contre l’humanité. Au programme, de nombreux évènements, initiatives et opérations permettant de célébrer avec audace et ambition ce 25ème anniversaire, mettant ainsi en lumière cet acte fondateur, également un évènement international prévu à l’Élysée le 21 mai.

Le 23 mai 1998, plus de 40 000 personnes, afro-descendants, personnalités du monde associatif, politique, économique, culturel et sportif- battaient le pavé parisien pour commémorer le 150ème anniversaire de l’abolition de la traite et de l’esclavage colonial et demander que l’esclavage soit reconnu comme crime contre l’humanité.

Une bataille mémorielle est engagée alors, menée par les associations de mémoire, des historiens, des descendants d’esclaves, et qui a servi d’inspiration à des parlementaires dont Christiane Taubira, une des principales initiatrices de ce texte fondateur.  Le 21 mai 2001, la Loi dite Taubira, reconnaissant l’esclavage et la traite comme crimes contre l’humanité, était votée, faisant de la France le premier pays au monde à voter une telle loi. Pour rappel, le 2ème pays à rejoindre la France dans ce domaine a été le Sénégal, dix ans après. 

 Un évènement à dimension internationale à l’Elysée

C’est dans ce contexte particulier de ce 25ème anniversaire de la Loi Taubira que se profile le Temps des Mémoires 2026. Rappelons que le Temps des Mémoires est un temps de commémorations nationales et locales porté par la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage, permettant de transmettre la connaissance de l’histoire de l’esclavage et de reconnaître publiquement l’apport des afro-descendants à la France.

Cette année -25ème anniversaire de la Loi Taubira oblige- ce Temps des Mémoires revêt un caractère exceptionnel avec au programme, outre la cérémonie nationale de commémoration au Sénat en présence du Premier ministre et la commémoration de la Journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage ainsi que les journées dédiées et fériées dans les territoires ultramarins, de nombreux évènements culturels, scientifiques, artistiques, dont la diffusion du documentaire « Une loi pour une mémoire » sur France 2. Cette édition particulière verra également l’organisation d’un évènement à dimension internationale à l’Elysée le 21 mai 

La question des réparations au centre de ce Temps des Mémoires 2026

Cependant, au-delà de ce Temps des Mémoires 2026 particulièrement riche et fourni, s’est invitée dans cette programmation célébrant les 25 ans de la Loi Taubira, la question de la réparation résultant du vote par l’assemblée générale de l’ONU de la résolution reconnaissant « l’esclavage et la traite comme plus grave crime contre l’humanité ». Cette résolution initiée par le Ghana a vu l’abstention de la France comme d’autres pays du Nord, tandis que les pays du sud l’entérinaient presque unanimement, créant ainsi un fossé profond entre les nations du Nord et celles du Sud. 

Une situation que déplore la FME qui a toujours pensé que la question de la mémoire de l’esclavage est « une question internationale majeure », qui touche à des problèmes actuels et concrets et que la question des réparations est « une manière pertinente pour chercher à les résoudre », plaide Jean-Marc Ayrault.

Ce vote de l’ONU est pour la France « un appel, mais aussi une opportunité pour fonder ensemble une relation plus juste et plus équilibrée qui reconnaisse l’importance majeure qu’a eu cette page dans l’histoire du monde et qui nous aide à affronter avec ambition et fermeté les héritages toujours vivants de ce passé », relève le président de la FME pour qui « la question des réparations ne peut plus être  esquivée » eu égard aux inégalités économiques et sociales qui prévalent notamment dans les territoires ultramarins. En ce sens, martèle-t-il, l’anniversaire de la Loi Taubira est « une opportunité pour la France, car on ne peut pas dire que l’esclavage et la traite sont des crimes contre l’humanité, sans chercher à en réparer les effets et les conséquences les plus actives ». 

Une antienne que reprendra AÏssata Seck, la directrice de la FME pour qui « il est aujourd’hui temps que l’Etat ouvre les discussions sur les réparations ». Au-delà de la thématique des 25 ans de la Loi Taubira, il apparaît que cette question des réparations occupera une place centrale au cours de ce Temps des Mémoires 2026 qui s’annonce toutefois ambitieux et audacieux à l’image de cet acte « courageux et lucide » qu’a été la loi Taubira.

E.B.

Calendrier du Temps des Mémoires

  • 25 – 26 avril 2026 : Lancement du Temps des Mémoires (Hôtel de la Marine)
  • 29 avril 2026 : conférence musicale de Bertrand Dicale « des musiques en héritage » à la Philharmonie de Paris
  • 6 mai 2026 : diffusion du documentaire « Une loi pour une mémoire » sur France 2
  • 10 mai 2026 : cérémonie nationale de commémoration au sénat en présence du Premier ministre
  • 13 mai 2026 : projection du documentaire à France TV avec des lycéens - conférence-débat sur les réparations en partenariat avec le MNHI
  • 16 mai 2026 : 5ème édition du festival « Esclavage & Cinéma » au musée du quai Branly Jacques Chirac
  • 21 mai 2026 : Remise des prix de la 10ème session du concours de la Flamme de l’Egalité et évènement à dimension internationale à l’Elysée
  • 23 mai 2026 : Commémoration de la Journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage
  • 28 mai 2026 : Projection du film « Furcy né libre » d’Abd Al Malik
  • 23 juin 2026 : 4ème finale du concours d’Eloquence à destination des écoles de la 2ème chance dans l’hexagone, mais aussi pour la première fois avec la participation des écoles de la 2ème chance d’Outre-mer