Lancement de la chaire OCEAN-LEAVES : Une mobilisation scientifique majeure pour sauver les herbiers marins tropicaux français

©Antoine BORZEIX

Lancement de la chaire OCEAN-LEAVES : Une mobilisation scientifique majeure pour sauver les herbiers marins tropicaux français

La chaire OCEAN-LEAVES (optimisation de la conservation et de l’engagement pour les herbiers marins) a été officiellement lancée à Brest le 31 mars, à l’initiative de la Fondation UBO (Université de Bretagne Occidentale) et des scientifiques Claire Hellio et Fanny Kerninon. Cette nouvelle structure de recherche vise à répondre à l’urgence de préservation des herbiers marins, des écosystèmes jugés essentiels mais encore insuffisamment étudiés.

Les herbiers marins, composés de plantes à fleurs sous-marines (phanérogames), jouent un rôle central dans l’équilibre des écosystèmes marins et côtiers. Très productifs et riches en biodiversité, ils assurent plusieurs fonctions essentielles : habitat et nurserie pour de nombreuses espèces, stabilisation des sédiments, limitation de l’érosion, stockage de carbone et soutien aux activités humaines comme la pêche.

À l’échelle mondiale, 72 espèces sont recensées pour environ 300.000 km² d’herbiers cartographiés. En zone tropicale, leur rôle est renforcé par leurs interactions avec les récifs coralliens et les mangroves. En France, ces écosystèmes sont particulièrement présents dans les territoires ultramarins, notamment en Guadeloupe, Martinique, Guyane, Mayotte, La Réunion, Nouvelle-Calédonie et Polynésie française.

Cependant, ces milieux subissent de nombreuses pressions : changement climatique, pollution, turbidité accrue, excès de nutriments, sédimentation, piétinement ou déracinement. L’artificialisation du littoral et la dégradation de la qualité de l’eau accentuent leur fragilité. Face à ce constat, la production de données scientifiques apparaît comme une priorité pour mieux comprendre et protéger ces écosystèmes.

Structurer la recherche et l’action

La chaire OCEAN-LEAVES a pour objectif de fédérer chercheurs, institutions et acteurs publics et privés autour de trois axes principaux : structurer une recherche opérationnelle, renforcer la diffusion des connaissances et soutenir des actions de gestion et de préservation à différentes échelles.

Selon Stéphane Piccioli, vice-président de l’UBO en charge des Alumni et du développement de la Fondation UBO : « Le lancement de la chaire OCEAN-LEAVES illustre parfaitement le rôle majeur de l'université dans la réponse aux défis environnementaux. En réunissant partenaires publics et privés autour de la recherche, les chaires universitaires permettent d’accélérer les collaborations et de structurer des actions ambitieuses sur des sujets aussi cruciaux que la connaissance et la préservation des herbiers marins. À travers la Fondation UBO, nous faisons converger expertise scientifique, recherche de pointe et acteurs et actrices de terrain pour protéger durablement la biodiversité ».

De son côté, Anne-Gaëlle Baudoin, directrice générale des Outre-mer, souligne l’importance de cette initiative pour les territoires concernés : « La création de cette chaire OCEAN-LEAVES est une excellente nouvelle pour nos territoires ultra-marins et les écosystèmes qu'ils abritent. Les herbiers de phanérogames sont un maillon essentiel pour la bonne santé des espèces marines. Ils sont pourtant méconnus et cette chaire va permettre d'accroître les connaissances scientifiques, de fédérer les acteurs en impliquant les chercheurs, l’État, les collectivités, les associations, les opérateurs publics comme privés. Il s'agit de poursuivre et renforcer les actions en faveur de la protection des herbiers, je citerais par exemple les éco-mouillages, le suivi et la bancarisation des données, les solutions fondées sur la nature ou encore la lutte contre les espèces exotiques envahissantes. Actions que nous soutenons au sein de l'Initiative française pour les récifs coralliens, l'Ifrecor, réseau d'acteurs ultra-matins que j'ai l'honneur de co-présider avec nos collègues du Ministère chargé de la transition écologique ».

Un partenariat public-privé

Portée par la Fondation UBO, la chaire bénéficie du soutien du ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, ainsi que du ministère des Outre-mer, dans le cadre de l’Initiative française pour les récifs coralliens (Ifrecor). D’autres partenaires financiers participent également à cette démarche.
En s’inscrivant dans une dynamique public-privé, la chaire OCEAN-LEAVES ambitionne de renforcer l’impact des actions menées sur les territoires, en particulier en Outre-mer, et de contribuer à une meilleure prise en compte des herbiers marins dans les politiques publiques.