En Polynésie, sur l’année 2024, le Port autonome de Papeete renoue avec la croissance grâce au commerce international. Les vracs liquides et surtout solides sont en forte progression. L’activité de croisière a légèrement baissé, au contraire des liaisons et des escales interinsulaires. Enfin, les investissements se poursuivent dans l’optique de la modernisation et de l’extension des quais.
Le Port autonome de Papeete (PAP) a enregistré en 2024 un trafic total de 1,4 millions de tonnes (Mt), soit une progression de 3,4%. Cette hausse ne suffit pas toutefois à compenser entièrement le recul de 4% observé en 2023 : le niveau de 2024 demeure ainsi 1,2% inférieur à celui atteint en 2022. Les flux liés au commerce international représentent toujours 69% du total, une proportion inchangée ces dernières années.
En 2024, ces échanges internationaux atteignent 1 007 508 tonnes. Comme pour l’ensemble du trafic, ils renouent avec la croissance, affichant une hausse de 6,5%, sans toutefois retrouver leur niveau de 2022, selon une étude de Ports et corridors, un site spécialisé dans l'actualité du transport maritime et de la logistique portuaire.
Les vracs liquides progressent légèrement
« Deux courants dominent le trafic de commerce international. En premier lieu, il s’agit des marchandises en conteneurs. Elles pèsent 46% du tonnage à 459 242 tonnes. Un trafic en progression de 8% par rapport à 2023. Quant aux conteneurs, ils perdent 6,8% à 76 272 EVP (équivalent vingt pieds, en anglais, soit 6 mètres en volume, ndlr) en 2024. (…) Ce trafic reflète la consommation de l’île en baisse ces dernières années », observe Ports et corridors.
Les vracs liquides représentent 41% des flux, soit 413 490 tonnes en 2024. Leur volume progresse légèrement, avec une hausse de 1,2% sur l’année. Ces cargaisons restent dominées à 75% par le gasoil, le fuel et l’essence. L’essence sans plomb, en particulier, a connu un net rebond en 2022, porté par la reprise économique post‑COVID. Mais cette dynamique s’est essoufflée : les volumes ont chuté de 21% en 2023 par rapport à 2022, avant de se stabiliser en 2024.

En ce qui concerne les vracs solides, ils affichent une nette progression en 2024 : leurs volumes atteignent 125 203 tonnes, soit une hausse de 27,9 %. Les matériaux de construction, notamment le ciment et le bois, repartent à la hausse par rapport à 2023. Mais c’est surtout le tonnage hors matériaux de construction qui crée la surprise. Le Port autonome de Papeete enregistre 19 242 tonnes sur ce segment, une envolée spectaculaire de +1540% en un an, un niveau sans commune mesure avec celui de 2023.
Pour l’activité de croisière, le PAP a accueilli 191 navires en 2024, soit une légère baisse de 1,5% par rapport à 2023. Les escales trans-pacifiques reculent de 4,4%, tandis que les liaisons interinsulaires progressent de 1%. Du côté des traversées trans-pacifiques, on compte en moyenne 1073 passagers par escale, répartis sur 86 escales, pour un total de 92 263 passagers. Les escales interinsulaires, elles, enregistrent une nette progression : 263 passagers en moyenne en 2024, contre 189 en 2023, soit une hausse de 39 %.
Maintien des investissements, agrandissement de la passe
Le PAP a poursuivi son programme d’investissements en 2024, conformément au schéma directeur du port. Plusieurs projets majeurs ont été engagés, dont la mise en service du guichet unique « Fetia ». Opérationnel depuis août 2024, ce dispositif fonctionne désormais comme un système communautaire de suivi des marchandises. Il simplifie les démarches portuaires et renforce l’efficacité des opérations d’entrée et de sortie sur le terminal de commerce.
« D’autre part, le terminal de croisière fait l’objet d’une modernisation. D’une superficie de 2700 m2, ce terminal est conçu pour répondre aux attentes des compagnies maritimes de croisière, et soutenir le tourisme comme moteur du développement économique. En troisième lieu, l’extension du quai de commerce international vise à adapter la capacité d’accueil aux caractéristiques des navires de commerce de grande taille », précise Ports et corridors.
Autre chantier majeur pour l'avenir de cette porte d'entrée essentielle à la Polynésie : l'agrandissement, ou déroctage, de la passe de Papeete. Elle devrait passer de 12 à 14,80 mètres de profondeur, et 110 à 130 mètres de large, le tout à l'horizon 2027. « Ces travaux visent à moderniser les infrastructures portuaires afin de permettre l’accueil de navires porte-conteneurs de plus grande capacité », explique le gouvernement polynésien. Un projet d'envergure qui n'est pas sans susciter d'inquiétudes environnementales.
Ce chantier de 2,5 milliards de Fcfp fait partie d'un vaste schéma courant sur la période 2022-2032, et prévoyant bien d'autres chantiers d'aménagement du Port de Papeete qui reste, par nature exiguë. Il faut donc pour la direction du port et la Collectivité, pousser les murs pour, entre autres, agrandir la zone sous douane, étendre le terminal de commerce international et le port de pêche, ou encore, créer un vaste pôle de réparation navale.
PM
Une nouvelle feuille de route pour l’aménagement du Port de pêche de Papeete présentée
À lire aussi : À Papeete, des travaux de modernisation pour éviter « la mise à l’écart »
► Retrouvez nos précédentes séries sur les ports en Outre-mer





















