La cheffe du Rassemblement nationale, en campagne pour les présidentielles 2027, a publié une allocution vidéo, le jeudi 18 juin, dans laquelle elle appelle à voter aux provinciales pour la liste de son parti menée par Alain Descombels. Et ce, en vue d’un accès du RN à l’Élysée l’an prochain, où elle l’assure : le dossier calédonien sera placé « au sommet de la pile des priorités ». Un sujet de notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.
Dix jours avant les élections provinciales, les enjeux de ce scrutin résonnent jusque dans l’Hexagone, où les candidats à la présidentielle sont eux aussi en campagne. Après Jean-Luc Mélenchon, qui a promis l'indépendance à la Nouvelle-Calédonie en cas de victoire à la présidentielle, c’est au tour de Marine Le Pen de s’emparer du dossier calédonien.
Dans une allocution vidéo postée sur ces réseaux sociaux, ce jeudi 18 juin, la cheffe de file du Rassemblement national appelle solennellement à voter pour Alain Descombels et les autres membres de l’antenne locale du parti d’extrême droite. Une liste « composée d’hommes et de femmes venus de toutes les origines, ancrés dans la vie réelle du territoire », qui « ne courent ni après les places, ni après la gloire. »
« Je ne transigerai pas sur les compétences régaliennes »
Cette allocution de la triple candidate à la présidentielle, en attente d’une décision de justice pour savoir si elle pourra de nouveau se lancer à l’assaut de l’Élysée en 2027 (qui doit intervenir début juillet), est avant tout l’occasion de réitérer son soutien « indéfectible au maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France ».
Dans son collimateur, les principaux adversaires de son parti sur place : l’union de droite des Loyalistes-Le Rassemblement, dont Sonia Backès, Virginie Ruffenach et Nicolas Metzdorf, qu’elle pointe directement en tant que signataires de l’accord de Bougival, qui « menait la Nouvelle-Calédonie inéluctablement vers l’indépendance ».
Si la cheffe du RN accédait à la présidence de la République, son message adressé aux Caléonien.ne.s est clair : « Je ne transigerai pas sur les compétences régaliennes qui devront demeurer celles de la France. »
Stabilité, sécurité et économie
Mais au-delà de l’opposition pour ou contre l’indépendance, « l’urgence » politique est aujourd’hui économique à court et moyen terme, assure Marine Le Pen, qui entend donc mettre en suspend les discussions sur l’avenir institutionnel : « remplir les caddies et les frigos, sauver les entreprises, faire revenir les compétences qui s’en sont allées, redonner confiance pour que les banques prêtent et les assurances suivent… Pour y parvenir, la Nouvelle-Calédonie a besoin de paix, de sécurité et d’une période de stabilité que peut lui fournir l’accord de Nouméa », estime la cheffe du RN, qui avait défendu, lors de son séjour dans le pays en mai 2025, l’idée d’un référendum d’autodétermination dans 40 ans, s’attirant les foudres des militants loyalistes.
Une période qui doit d’abord permettre au Caillou de retrouver sa « prospérité, qui videra les discours radicaux de leurs substances ». Et ce, par un « projet économique ambitieux dont tout le monde doit pouvoir bénéficier, par le soutien indéfectible à nos entrepreneurs, par la relance du nickel en liaison avec l’Union européenne, actuellement approvisionnée par la Chine, par la construction d’une grande base interarmées que nous redonnerons à l’archipel sa vocation d’Eldorado du Pacifique Sud ».
« À Nouméa comme à Paris, j'aurai besoin d'une majorité »
Se projetant déjà à l’Élysée, avant même de savoir si elle pourra se présenter à l’élection présidentielle, Marine Le Pen promet que le dossier calédonien sera placé « au sommet de la pile des priorités » et appelle ses sympathisants à ne pas « gaspiller et disperser leurs voix » vers d’autres candidats partisans du maintien de la France.
« À Nouméa comme à Paris, j’aurai besoin d’une majorité pour travailler à l’avenir que nous souhaitons tous. Nous travaillerons main dans la main avec les élus de la liste "France-Calédonie, une patrie" au Congrès, avec toutes les forces vives du territoire pour redresser la barre. C’est notre engagement ».
AT pour Les Nouvelles Calédoniennes

