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Polynésie : Un Groupement d'intérêt économique pour promouvoir une souveraineté numérique « made in fenua »
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Huit entreprises polynésiennes des secteurs du numérique, du conseil et de la gestion se sont réunies au sein du nouveau groupement d’intérêt économique Te Mau Feti’a. Leur objectif, affiché lors d’un séminaire de lancement le 25 juin, est de proposer, aux entreprises et collectivités, une approche numérique reposant sur les compétences locales et les logiciels libres pour atteindre une « vraie souveraineté numérique ». Cette initiative répond à l’arrivée de concurrents extérieurs sur le marché ainsi qu’à ce qu’ils considèrent comme un « manque d’initiative publique », avec la volonté de peser dans le débat. Détails avec notre partenaire Radio 1.

Huit entreprises polynésiennes ont choisi de mettre en commun leurs expertises au sein de Te Mau Feti’a : Conseil Expert, cabinet d’expertise comptable et de conseil ; Invitu, éditeur et intégrateur de solutions numériques ; CyberFenua, spécialisé dans la cybersécurité ; SysNux, dans les infrastructures informatiques et les logiciels libres ; EasyPME, éditeur de logiciels de gestion ; Fenua Sign, spécialisé dans la signature électronique ; Ingefi, dans l’ingénierie financière ; et Doc Fenua, dans la gestion électronique de documents et la dématérialisation.

Thibaud Sery, expert-comptable et dirigeant de Conseil Expert, et Cyril Vinh-Tung, fondateur d’Invitu expliquent que cette initiative est née de leur lecture d’une « évolution du marché depuis le Covid »  marqué par l’arrivée de « nouveaux acteurs extérieurs principalement venus de métropole, puis de Nouvelle-Calédonie après les émeutes de 2024 ». « On s’est retrouvé face à de nouveaux acteurs qui répondent à des préoccupations locales avec des offres ou des solutions qui ne sont pas forcément adaptées, et surtout avec des méthodes commerciales un peu agressives », affirme Cyril Vinh-Tung.

L’idée de créer Te Mau Feti’a est aussi née d’échanges menés au sein du Clusir Polynésie, qui fédère les acteurs de la cybersécurité. Les entrepreneurs expliquent avoir souhaité franchir une étape supplémentaire en créant un groupement d’intérêt économique : « Le statut de GIE nous permet simplement de répondre à des besoins sur des marchés auxquels nous n’aurions pas pu répondre individuellement. Chacun des membres apporte une solution dans son domaine de compétence et, selon les besoins, le groupement permet de coordonner ces expertises. En réalité, le groupement n’a pas d’offres préétablies : il porte une vision. Ce sont les membres qui, eux, proposent les offres », explique Thibaud Sery.

Une autre vision de la souveraineté numérique

Cyril Vinh-Tung exprime la « vision » de la souveraineté numérique portée par Te Mau Feti’a ainsi : « Nous parlons de « vraie souveraineté numérique » parce que, bien souvent, la souveraineté numérique est uniquement réduite au lieu d’hébergement des données. Mais si les données sont hébergées sur le sol français tandis que les systèmes d’information sont gérés par des outils américains, nous ne sommes pas du tout souverains. »

Il ajoute que « la souveraineté doit s’appliquer à tous les étages du numérique, jusqu’à l’intelligence artificielle. »

Cette lecture conduit les membres du groupement à orienter leurs clients « vers des solutions open source et des logiciels libres afin qu’ils restent libres de leurs choix » car selon Cyril Vinh-Tung, les logiciels propriétaires proposés par les grands éditeurs internationaux peuvent créer une forme de « dépendance technique », en rendant plus coûteux ou plus complexe un changement de prestataire ou l’évolution d’un système d’information. Une réalité qui, selon lui, n’empêche pas ces solutions d’être largement majoritaires : « 90 % des entreprises utilisent des solutions complètement fermées. »

Au-delà des logiciels, une ambition plus large

Les fondateurs de Te Mau Feti’a entendent désormais matérialiser cette approche sur le terrain. Leur ambition est d’accompagner les entreprises, mais aussi les collectivités.

Les communes figurent parmi les « cibles privilégiées ». « Les communes sont aujourd’hui un peu dans le brouillard, reprend Cyril Vinh-Tung. En Polynésie, nous en sommes encore à un stade où elles s’équipent d’outils métiers qui répondent à leurs besoins immédiats, sans forcément se préoccuper de souveraineté numérique. » Selon lui, s’explique notamment par un « manque de conseils, de stratégie ou de schéma directeur. » Te Mau Feti’a souhaite, à terme, les accompagner, au même titre que les entreprises privées, dans la définition de leurs projets numériques.

Ce projet est aussi motivé par la volonté de peser dans le débat public. Les membres de Te Mau Feti’a estiment que la souveraineté numérique est « un sujet qui aurait dû être discuté bien plus tôt et qui devient aujourd’hui un enjeu capital » qui demeure « insuffisamment pris en compte dans les orientations du Pays ». Une appréciation qui appelle toutefois à être nuancée. Après un premier Schéma directeur d’aménagement du numérique voté en 2017, le gouvernement, avec le soutien de l’État, a lancé les travaux d’actualisation de cette feuille de route. Le futur Schéma directeur du numérique doit être coconstruit avec des acteurs du public et du privé, au travers du comité Smart Polynesia dont font notamment partie le Medef, le cluster du numérique Open ou la CPME. Et les réflexions portent, entre autres sur les enjeux liés à la cybersécurité, à l’intelligence artificielle, à la transformation numérique des administrations et à la souveraineté numérique. « Si les pouvoirs publics sont ouverts à la discussion, les membres du groupement seront ravis d’échanger avec eux », précise Cyril Vinh-Tung.

Les porte-paroles du GIE disent enfin vouloir défendre ce qu’ils qualifient de « souveraineté des compétences ». L’idée, expliquent-ils, est de préserver en Polynésie les savoir-faire nécessaires pour concevoir, déployer et faire évoluer les outils numériques du territoire, afin que cette expertise demeure « localement maîtrisée » plutôt que de dépendre davantage de prestataires extérieurs.

Cette lecture conduit les membres du groupement à orienter leurs clients « vers des solutions open source et des logiciels libres afin qu’ils restent libres de leurs choix » car selon Cyril Vinh-Tung, les logiciels propriétaires proposés par les grands éditeurs internationaux peuvent créer une forme de « dépendance technique », en rendant plus coûteux ou plus complexe un changement de prestataire ou l’évolution d’un système d’information. Une réalité qui, selon lui, n’empêche pas ces solutions d’être largement majoritaires : « 90 % des entreprises utilisent des solutions complètement fermées. »

Au-delà des logiciels, une ambition plus large

Les fondateurs de Te Mau Feti’a entendent désormais matérialiser cette approche sur le terrain. Leur ambition est d’accompagner les entreprises, mais aussi les collectivités.

Les communes figurent parmi les « cibles privilégiées ». « Les communes sont aujourd’hui un peu dans le brouillard, reprend Cyril Vinh-Tung. En Polynésie, nous en sommes encore à un stade où elles s’équipent d’outils métiers qui répondent à leurs besoins immédiats, sans forcément se préoccuper de souveraineté numérique. » Selon lui, s’explique notamment par un « manque de conseils, de stratégie ou de schéma directeur. » Te Mau Feti’a souhaite, à terme, les accompagner, au même titre que les entreprises privées, dans la définition de leurs projets numériques.

Ce projet est aussi motivé par la volonté de peser dans le débat public. Les membres de Te Mau Feti’a estiment que la souveraineté numérique est « un sujet qui aurait dû être discuté bien plus tôt et qui devient aujourd’hui un enjeu capital » qui demeure « insuffisamment pris en compte dans les orientations du Pays ». Une appréciation qui appelle toutefois à être nuancée. Après un premier Schéma directeur d’aménagement du numérique voté en 2017, le gouvernement, avec le soutien de l’État, a lancé les travaux d’actualisation de cette feuille de route. Le futur Schéma directeur du numérique doit être coconstruit avec des acteurs du public et du privé, au travers du comité Smart Polynesia dont font notamment partie le Medef, le cluster du numérique Open ou la CPME. Et les réflexions portent, entre autres sur les enjeux liés à la cybersécurité, à l’intelligence artificielle, à la transformation numérique des administrations et à la souveraineté numérique. « Si les pouvoirs publics sont ouverts à la discussion, les membres du groupement seront ravis d’échanger avec eux », précise Cyril Vinh-Tung.

Les porte-paroles du GIE disent enfin vouloir défendre ce qu’ils qualifient de « souveraineté des compétences ». L’idée, expliquent-ils, est de préserver en Polynésie les savoir-faire nécessaires pour concevoir, déployer et faire évoluer les outils numériques du territoire, afin que cette expertise demeure « localement maîtrisée » plutôt que de dépendre davantage de prestataires extérieurs.

Par Radio 1