Présenté en conseil des ministres samedi sous la forme d’un projet de délibération, la nouvelle stratégie économique « Cap 2033 » vise une révision touristique plus franche avec une attente de 450 000 visiteurs en 2033, et non plus 600 000, comme l’avait annoncé Moetai Brotherson lors des territoriales en 2023. En parallèle, le Pays ambitionne une augmentation de 30 % de la production agricole commercialisée et souhaite mettre les énergies renouvelables au cœur des énergies vertes. Un sujet de notre partenaire Radio 1 Tahiti.
Nouveau cap pour l’économie tahitienne. Le ministre de l’Économie, du Budget et des Finances Warren Dexter a présenté au Conseil des ministres ce samedi -la séance avait été décalée pour cause de session de l’assemblée mercredi- un projet de délibération reposant « sur l’approbation de la stratégie de développement économique de la Polynésie française, intitulée Cap 2033, « ‘A fano rā ». »
L’objectif affiché : « bâtir une économie plus diversifiée, plus résiliente et plus équitable » jusqu’en 2033, date qui couvre la prochaine mandature territoriale. Cette stratégie doit ainsi répondre aux défis structurels de la Polynésie « comme le coût de la vie, l’éloignement et la vulnérabilité climatique », tout en valorisant « ses atouts majeurs », tels que la jeunesse, la biodiversité et la culture.
Cap 2033 ne parie pas sur un autre moteur pour l’économie du Pays : il s’agit de miser sur le tourisme en Polynésie mais avec des objectifs corrigés. Moetai Brotherson avait annoncé dès la campagne des territoriales 2023 un objectif à « 600 000 touristes dans dix ans ». Un cap jugé « utopique » par le Cesec et incohérent avec la stratégie touristique Fāri’ira’a Manihini 2027 adoptée en décembre 2022 à l’assemblée, et qui visait plutôt un plafonnement du nombre de voyageurs à 300 000 personnes pour assurer un développement durable de la filière.
Plus tard dans la mandature, le président du gouvernement, comme Tahiti Tourisme, avait nuancé l’objectif en parlant de « l’équivalent en recette de 600 000 touristes ». Le gouvernement acte donc une révision plus franche de l’objectif en affichant désormais une volonté de « 450 000 touristes en 2033 ». Un chiffre qui reste ambitieux : il s’agit de faire bondir les arrivées de 60% en sept ans, puisque 2025, qui a déjà établi un record de fréquentation, n’a vu passer que 281 000 touristes en Polynésie
Alimentaire, numérique et écologie
En parallèle, le Pays explique vouloir améliorer l’autosuffisance alimentaire, une priorité plusieurs fois répétée ces dernières semaines, en augmentant notamment de 30 % la production agricole commercialisée. L’exécutif projette une « extension de 800 hectares de surfaces exploitées pour réduire la dépendance aux importations ».
Au niveau du numérique, le gouvernement souhaite que les technologies « ambitionnent » de représenter jusqu’à 15 % du PIB avec la création de 3 000 emplois. Les énergies renouvelables quant à elles devront représenter 55 à 60 % d’énergies vertes dans le mix énergétique d’ici 2030, « couplé à une baisse de 20 % de la consommation grâce à l’efficacité énergétique », précise le communiqué.
Le plan Cap 2033 doit aussi accélérer le rythme dans la simplification des démarches administratives pour les entreprises, leur faciliter l’accès aux financements et au foncier pour renforcer leur compétitivité. Il prévoit aussi une équipe au sein de l’Agence de développement économique (ADE) chargée de suivre et d’évaluer les actions pour garantir les résultats.
L’ensemble des outils législatifs et des moyens alloués à la réussite de ces objectifs ne sont toutefois pas détaillés à ce stade. À deux ans de la fin de la mandature, cette nouvelle feuille de route ne manquera pas de faire débat à l’Assemblée territoriale, dans un contexte de fracture politique entre le gouvernement Brotherson et la majorité indépendantiste.
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