Partir travailler en Australie, une opportunité qui pourrait bientôt s’ouvrir aux Polynésiens par le biais du programme Pacific Australia Labour Mobility (Palm), financé par le gouvernement australien. Ce dispositif permet à des travailleurs du Pacifique d’aller y exercer des emplois, principalement agricoles, horticoles et agroalimentaires. La Nouvelle-Calédonie est depuis décembre le premier territoire d’Outre-mer à y participer, dans le cadre d’un projet pilote. Explications de notre partenaire Radio 1 Tahiti.
Une opportunité d’emploi en Australie pour les travailleurs polynésiens ? Ce sera peut-être possible avec la mise en place du Pacific Australia Labour Mobility (Palm), un programme financé par le gouvernement australien qui permet à des travailleurs de pays ou collectivités insulaires du Pacifique de venir en Australie pour y exercer un métier, principalement dans le secteur agricole. En décembre dernier, la Nouvelle-Calédonie est devenue le premier territoire français d’Outre-mer à rejoindre le Palm à travers un projet pilote réunissant cent travailleurs sur une durée de deux ans.
Le programme Palm s’articule en deux types de contrat : « Il y a des métiers, on va dire, saisonniers, sur une période de neuf mois à peu près », explique Lucie Tiffenat, représentante du syndicat Otahi, qui a présenté le projet au Cesec ce mercredi matin. « Et puis, il y a d’autres métiers qui sont sur une plus longue durée, un an, voire quatre. Ces métiers-là concernent en particulier l’agriculture, l’horticulture et certaines activités agroalimentaires », précise la représentante syndicale.
Pour le Cesec, cette initiative serait l’occasion pour les Polynésiens de renforcer leur maîtrise de l’anglais et d’enrichir leur expérience professionnelle. En termes de retombées économiques, le « travailleur » perçoit environ 2 000 francs par heure et peut envoyer jusqu’à 1,1 million de francs par an à sa famille. Enfin, le programme permettrait de « renforcer les liens d’amitié et de solidarité » et « consoliderait le partenariat stratégique » avec l’Australie.
Des opportunités dans l’hôtellerie
À noter qu’il s’agirait d’une opportunité « pas réservée uniquement à la jeunesse » mais aussi « à des personnes beaucoup plus matures qui ont besoin de travailler et d’aller voir ailleurs ce qui se passe », souligne Lucie Tiffenat.
« L’Australie, c’est un grand pays. Travailler dans des fermes, voire dans des entreprises d’horticulteurs, ça peut donner des idées », note la représentante, qui voit également dans le tourisme un débouché potentiel pour les bénéficiaires du programme. « C‘est forcément une opportunité pour les Polynésiens de parler la langue, de travailler et de revenir ici » pour ensuite, « pourquoi pas », postuler dans l’hôtellerie. « D’ailleurs, aujourd’hui, les représentants au Cesec de l’hôtellerie ont immédiatement adhéré au vœu », ajoute Lucie Tiffenat.
Projet de vœu
Désormais, c’est au Pays d’effectuer les démarches nécessaires pour que le programme soit intégré en Polynésie. « L’Assemblée plénière vient à l’unanimité de soutenir le vœu », relate la représentante syndicale, qui précise que le gouvernement devra prendre attache « avec les autorités australiennes puis avec le représentant de l’État français, parce que ça passera obligatoirement par le soutien et l’aval de la France », à savoir le Haut-commissaire.
Le Cesec a émis le vœu que les autorités compétentes de la Polynésie échangent avec le gouvernement australien afin d’inclure le Pays dans le programme PALM, en s’appuyant sur le précédent néo-calédonien comme modèle opérationnel.
L’institution recommande également la création d’une structure dédiée, adossée au SEFI (équivalent de France Travail en Polynésie, ndlr) ou créée en partenariat avec lui, chargée du recrutement, de la préparation et du suivi des bénéficiaires. Elle souhaite enfin la nomination d’un officier de liaison polynésien basé en Australie pour accompagner les travailleurs, veiller au respect de leurs droits et maintenir le lien avec leurs familles restées en Polynésie.
Alexandra Perrini pour Radio 1 Tahiti

