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Nouvelle-Calédonie :  Trois mois de plus pour convaincre de la survie de l’hôtel Wadra Bay à Lifou
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Le tribunal mixte de commerce a prolongé la période d’observation de Gygadeix, la société qui exploite l’hôtel Wadra Bay, à Lifou, le vendredi 3 juillet. Une nouvelle audience est fixée au 10 septembre. D’ici là, la Sodil doit tenter de convaincre que le plan de redressement déposé peut permettre d’éviter la liquidation.Détails avec notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.

Le Wadra Bay gagne un peu de temps, mais sa survie n’est pas encore assurée. Le tribunal mixte de commerce a prolongé, le vendredi 3 juillet, la période d’observation de Gygadeix, la société qui exploite l’hôtel de Lifou. Le dossier doit revenir devant les juges le 10 septembre. À cette date, ils devront se prononcer sur le plan de redressement déposé par la Sodil, bras économique de la province des Îles Loyauté et actionnaire majoritaire de Gygadeix.

Jacques Dralue, le président de la Sodil, reste prudent. "Je ne commente pas une décision du tribunal. Les juges statueront le 10 septembre sur ce qu’on a déposé", déclare-t-il sobrement. En clair, l’hôtel dispose de quelques semaines supplémentaires pour démontrer que son activité peut repartir.

Un contexte qui a pesé dans la décision

Pour rappel, le Wadra Bay n’est pas un simple hôtel. Ouvert aux premiers clients en décembre 2025, cet établissement haut de gamme de cinquante clés propose des villas, des bungalows et des suites à la tribu de Mou, dans la baie de Wadra.

Présenté comme un outil de premier ordre pour le tourisme aux Îles, il avait commencé son activité avec un lourd handicap. La société Gygadeix, qui l’exploite, avait été placée en redressement judiciaire six mois plus tôt, avant même l’ouverture, faute de pouvoir payer ses dettes. Initialement annoncé pour fin 2022, puis reporté à 2023, le Wadra Bay a accumulé les retards, notamment en raison de la Covid, des événements de mai 2024 et de la chute de la fréquentation touristique. L’hôtel a ensuite dû composer avec les difficultés de desserte aérienne de Lifou. C’est dans ce contexte que le tribunal lui laisse aujourd’hui un délai supplémentaire pour démontrer sa viabilité.

Sur place, le Wadra Bay est ouvert et fonctionne "normalement", assure Jacques Dralue. Le président de la Sodil précise qu’il emploie aujourd’hui seize salariés et qu’il n’y a pas eu de nouveaux licenciements, même si des contrats à durée déterminée n’ont pas été reconduits.

«Sauver coûte que coûte cet outil»

La reprise reste toutefois difficile à mesurer. La desserte aérienne de Lifou, longtemps perturbée, n’a repris que récemment. Pour Jacques Dralue, il est donc trop tôt pour tirer un bilan clair du niveau de fréquentation. "Les rotations aériennes n’ont repris que le 3 juin. Je crois qu’il ne faut pas non plus nous demander des miracles." Depuis la réouverture, les clients reviennent petit à petit et les réservations repartent, assure néanmoins le président, sans avancer de chiffres.

C’est bien là que se situe la limite de ce nouveau délai. "Non, nous ne sommes pas sauvés, reconnaît Jacques Dralue. Tout est encore possible dans un sens comme dans l’autre." D’ici septembre, la Sodil veut donc maintenir l’activité et laisser l’établissement retrouver un peu d’air. "On essaie de maintenir la structure, explique-t-il. C’est déjà assez compliqué depuis des années. Maintenant il faut laisser travailler."

Jacques Dralue rappelle que la Sodil agit dans le cadre d’une mission fixée par la province des Îles Loyauté, à savoir "sauver coûte que coûte cet outil", en précisant toutefois la part d’incertitude qui pèse encore dans le dossier. "Il y a beaucoup d’éléments qu’on ne maîtrise pas."

Par Les Nouvelles Calédoniennes