Le nouvel hémicycle du Congrès s’est installé ce vendredi 10 juillet à 9 heures pour procéder à l’élection de la présidence. Sans surprise, c’est Virginie Ruffenach qui a obtenu la majorité des voix, soit 28, après le pacte de gouvernance scellé entre Les Loyalistes, Le Rassemblement et l’Éveil océanien, hier. Un sujet de notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.
Plusieurs nouveaux visages parmi les 54 élus du Congrès, ce vendredi 10 juillet, réunis afin de procéder à l’élection de l’exécutif de l’institution législative. Parmi eux, les deux plus jeunes représentants, Caël Normandon (Les Loyalistes) et Jordan Courtot (Rassemblement), assesseurs du scrutin, âgés respectivement de 26 ans et 33 ans, puisqu’il est d’usage que les benjamins de l’assemblée occupent ce rôle.
Et c’est Basile Citré, le doyen (il remplace Paul Néaoutyine, seul absent de cette installation de la mandature), qui préside cette séance solennelle visant à élire le bureau du Congrès, ainsi que les membres de la commission permanente.
La matinée se déroule en deux temps. En premier lieu, l’élection pour la présidence, qui s’effectue à bulletin secret dans l’isoloir, installé pour l’occasion dans l’hémicycle. Le premier élu à voter ? Nicolas Metzdorf. La dernière ? Cynthia Jan. Deux choix étaient possibles. Celui de Virginie Ruffenach, candidate commune Rassemblement et Les Loyalistes, proposée par Naïa Wateou, présidente du groupe Les Loyalistes, et de Dominique Fochi, candidat du groupe Kanaky NC, présenté par Pierre-Chanel Tutugoro.
Il n’y aura finalement eu besoin que d’un seul tour pour que Virginie Ruffenach soit élue, dans un scrutin qui peut en compter trois, grâce à une majorité obtenue avec les quatre voix de l’Éveil océanien, annoncée la veille, jeudi 9 juillet. Les trois formations, l’Éveil océanien, Le Rassemblement et Les Loyalistes ont en effet noué un pacte de gouvernance qui assurait la victoire de leur candidate ce matin, avec 28 voix. Dominique Fochi a quant à lui obtenu les 26 voix indépendantistes de Kanaky NC et de l'UNI.
À l’issue de son élection, Virginie Ruffenach a tenu à remercier l’Éveil océanien, « avec qui nous avons choisi de bâtir une majorité de reconstruction, une majorité de relance. Ensemble, nous avons fait le choix de la responsabilité pour offrir à la Nouvelle-Calédonie la stabilité dont elle a tant besoin. Notre ambition est claire, remettre notre territoire sur une trajectoire de redressement ». Une volonté de mettre fin à « l’instabilité des institutions », qui « compromet l’action publique », et alors même que les échéances nationales à venir en 2027 rendent « l’horizon calédonien plus incertain encore ».
La cheffe de file du Rassemblement s’est dite consciente de « la responsabilité qui m’incombe au moment où notre territoire traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire », a-t-elle déclaré dans son discours, citant un extrait du manifeste de son parti politique, insistant sur la nécessité de se rassembler sur l’essentiel et oublier les querelles du passé et de sortir des postures, expliquant s’inscrire dans cette lignée. « Si nous savons donner le pas aux forces qui nous rassemblent sur celles qui nous divisent, si nous savons affirmer la personnalité de notre société dans l’union et la compréhension entre toutes les ethnies, nous relèverons ensemble le défi calédonien. »
Ainsi, la présidente donne ses priorités : reconstruire les outils économiques, réparer le tissu social et restaurer la confiance. Mais aussi instaurer une étroite collaboration avec le gouvernement, qui doit être nommé dans les trois semaines à venir. Virginie Ruffenach s’est également adressée à « la jeunesse », qui « attend de nous des actes plus que des paroles, à nous de lui redonner confiance, de lui offrir les raisons de croire en son avenir ici ».
L’élue entend se mettre dès à présent au travail. Sa première action : créer du lien avec l’ensemble des forces politiques du Congrès. Puis se pencher sur le compte administratif de la Nouvelle-Calédonie, « qui doit impérativement être voté avant que le nouveau gouvernement soit mis en place ». Dans les mois à venir, la présidente souhaite également « moderniser » l’institution, évoquant le passage par exemple au vote électronique, « important pour améliorer son efficacité ».
Place maintenant à l’élection des huit vice-présidences. Les autres membres du bureau sont élus au scrutin de liste à la représentation proportionnelle, suivant la règle de la plus forte moyenne. À noter que le Congrès compte désormais quatre groupes constitués : Les Loyalistes (18 élus), présidé par Naïa Wateou, Kanaky NC (19 élus), mené par Pierre-Chanel Tutugoro, Le Rassemblement (6 élus) de Virginie Ruffenach, et enfin l’UNI (7 élus), par Valentine Eurisouké.
Anne-Claire Pophillat pour Les Nouvelles Calédoniennes

