La société de notation financière a relevé la note de crédit à long terme de la Polynésie à A+, sa meilleure notation depuis 2000, comme s’en est félicité le gouvernement. Est notamment visée l’amélioration des normes de transparence et de responsabilité qui a suivi l’élaboration du code des finances publiques. L’agence s’inquiète tout de même de l’instabilité politique qui « pourrait peser sur l’investissement privé » et d’un possible ralentissement économique dans la foulée de la guerre au Moyen-Orient. Un sujet de notre partenaire Radio 1 Tahiti.
Standard & Poor’s, entreprise américaine spécialisée dans l’information et l’analyse financière qui fait partie des trois grandes agences de notation mondialement reconnues, a relevé le 12 juin 2026 les notes de crédit à long terme de la Polynésie française. La notation A obtenue en 2025 passe ainsi à A+ au long terme et A-1 au court terme.
L’agence « estime que le cadre institutionnel de la Polynésie française s’est renforcé, grâce à l’amélioration des normes de transparence et de responsabilité qui a suivi l’élaboration du code des finances publiques », se félicite le Pays. Avec cette décision, la Polynésie française atteint le même niveau de notation que la France hexagonale et obtient surtout sa meilleure note jamais obtenue depuis son entrée dans le processus de notation en 2000.
Selon le gouvernement, cette progression marque l’aboutissement d’un long redressement, des fortes baisses amorcées à partir de 2006, (la note avait atteint son plus bas niveau de BB+ en 2015), avant de remonter progressivement en 2018 (A-) puis en 2024 (A) jusqu’à aujourd’hui (A+).
Pour justifier ce relèvement, l’agence Standard & Poor’s a mis en avant deux facteurs. D’une part la mise en œuvre effective des réformes engagées autour du Code des finances publiques, qui ont renforcé la transparence financière et la visibilité budgétaire de la collectivité, ainsi que le suivi de ses entités satellites. D’autre part une performance budgétaire solide associée à un taux d’endettement modéré, qui préserve des marges de manœuvre pour soutenir l’économie locale en cas de besoin.
Dans son bilan, Standard & Poor’s prévoit tout de même un ralentissement de l’économie en raison de l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur le tourisme, et précise que « l’instabilité politique pourrait également peser sur l’investissement privé » tout en estimant que « la Polynésie française parviendra à contenir ses besoins d’emprunt grâce à ses déficits limités et à ses importantes réserves de trésorerie. » Ce sont ces perspectives stables qui l’ont mené à relever la notation à long terme de la Polynésie française à « A+ ».
À ce stade, deux scénarios se dessinent selon l’agence. Le scénario pessimiste implique une baisse de la notation si les déficits de la Polynésie française restent élevés plus longtemps que prévu, affaiblissant la trésorerie du Pays et augmentant ses besoins d’emprunt. « Cela pourrait se produire si, par exemple, la croissance économique du territoire s’avérait nettement inférieure à nos prévisions, ce qui aurait un impact négatif sur les recettes, tandis que le gouvernement augmenterait ses dépenses pour soutenir l’économie » précise Standard & Poor’s.
Le scénario optimiste, lui, implique une hausse de la notation si le territoire affiche des résultats financiers supérieurs aux prévisions actuelles. « Cela pourrait se produire si l’économie locale maintenait une forte croissance économique se traduisant par une augmentation des recettes fiscales » explique l’agence.
Par ailleurs, la note de la Polynésie française est désormais arrimée à celle de la France hexagonale. Ainsi, une dégradation de la note française produirait un effet identique et immédiat sur la note polynésienne. De même, pour le Pays, aucune amélioration de la note ne pourra être envisagée tant que celle de la France hexagonale demeurera inchangée. Pour rappel, la Polynésie française est le seul territoire ultramarin noté par les agences internationales comme Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch Ratings.
Maia Galot pour Radio 1 Tahiti

