La ministre polynésienne de l’Éducation et de la Culture, Samantha Bonet-Tirao, et la directrice générale de la Cité internationale des Arts à Paris, Bénédicte Alliot, ont renouvelé le programme « Firi Anoihi » qui lie la Collectivité d’Outre-mer et la fondation, qui permet à des artistes polynésiens d’effectuer des résidences à Paris.
« Nous avons souhaité reconduire ce partenariat (…) parce que c'est ce qui donne du lien entre les hommes et les femmes, entre les différentes cultures, entre les langues, et qui favorise la cohésion entre les générations » a expliqué la ministre de l’Éducation et de la Culture du gouvernement de la Polynésie, Samantha Bonet-Tirao, en poste depuis quelques semaines, et qui effectuait son premier déplacement officiel à Paris.
« Ce programme « Firi Anoihi » permet à des artistes polynésiens d'exprimer, dans un lieu autre que le pays, de l’art, des mots, de la chanson, de la danse, de la sculpture, tout ce qui nous permet d'exprimer fidèlement qui nous sommes et ce que nous sommes » a expliqué la ministre.
« La Cité internationale des Arts est un lieu qui nous donne l'opportunité de découvrir des techniques plurielles, mais aussi et surtout, des hommes et des femmes qui viennent d'ailleurs, et qui autour de ces pratiques artistiques et de la création, arrivent à retrouver et sceller des liens d’amitiés », a-t-elle ajouté.
Mis en place sous la précédente mandature en 2021, ce programme a permis à 23 artistes de Polynésie d’effectuer des résidences d’artistes dans la Cité internationale des Arts à Paris, au contact d’autres artistes venus du monde entier. Parmi ces artistes : l’écrivaine Titaua Peu, le graffeur Abuze, la peintre Taina Calissi, le plasticien Tahe Drollet, ou encore le peintre et sculpteur Evrard Chaussoy. Ce dernier a récemment réalisé le buste de la Marianne tahitienne qui trône désormais au Sénat.
Samantha Bonet-Tirao a évoqué une consolidation de ce partenariat, en développant « des passerelles avec l'éducation ». « À partir de la rentrée scolaire prochaine », les artistes bénéficiaires de ce programme devraient se rendre dans les établissements scolaires et des populations des archipels éloignés du territoire, afin de favoriser la « transmission » et le « partage d’expérience », et pourquoi pas, susciter des vocations auprès des jeunes.
Vers un « programme retour »
Pour la Cité internationale des Arts, l’enjeu de ce partenariat a été de se « décentrer », se « déshexagoniser en quelque sorte », a estimé la directrice générale Bénédicte Alliot. « Aller à la rencontre d'artistes polynésiens, c'est aller à la rencontre de mondes pluriels, de grands navigateurs, de personnes qui portent des visions, tant marine et océane que terrestres, dont nous en avons bien besoin ».
Bénédicte Alliot espère aussi, à travers ce renouvellement, un « programme retour », à l’image du séjour en Polynésie de quelques semaines, effectué par l’auteur et chorégraphe Frédéric Nauczyciel, malheureusement décédé en décembre dernier. « C'est un artiste qui a beaucoup traversé le monde et ça a été pour lui un moment majeur, une bascule dans son parcours » s’est émue la directrice générale.
De cette « toute petite découverte », « le début de quelque chose », « il en a rapporté un projet photographique qu'il m’a transmis juste avant sa mort. Nous espérons pouvoir le publier. Nous travaillons avec les partenaires spécialisés en photo et en édition photographique », raconte encore Bénédicte Alliot. « Frédéric a été pour nous le témoin que la Polynésie française c'est d'abord des personnes et des peuples qui savent accueillir », ajoute la directrice générale qui souhaite donc « explorer » cette possibilité de résidence en Polynésie pour des artistes de la Cité internationale.
Un échange retour auquel la ministre polynésienne semble sensible et encline à mettre en place. En attendant, les candidatures pour la prochaine résidence d’artistes polynésiens à Paris sont fermées. « Les relectures sont en cours pour pouvoir identifier les cinq personnes qui auront l'opportunité de venir jusqu'à la Cité internationale » en octobre prochain.





















