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Fonds marins : Le gouvernement de Polynésie veut bloquer un projet minier américain en bordure de l'aire marine protégée de la Société
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Ce mercredi, le conseil des ministres a adopté un vœu demandant à l’État français de s’opposer à un projet d’exploration minière porté par une entreprise américaine dans le South Penrhyn Basin. Cette vaste zone de haute mer, située aux confins des zones économiques exclusives des îles Cook, de Kiribati et de la Polynésie française, est jugée stratégique pour la biodiversité et la pêche. Le Pays souhaite également qu’elle puisse, à terme, bénéficier d’un statut de protection internationale. Détails avec notre partenaire Radio 1.

Le gouvernement appelle l’État à intervenir auprès des autorités américaines et des instances internationales pour empêcher un projet d’exploration minière des grands fonds dans le South Penrhyn Basin. Située à proximité immédiate de la nouvelle aire marine protégée de la Société Ouest, cette zone est considérée comme stratégique pour la biodiversité du Pacifique et pour l’avenir des ressources halieutiques de la région.

Le conseil des ministres a adopté ce mercredi un projet d’arrêté formulant un vœu à l’attention de l’État français afin qu’il engage des démarches diplomatiques et juridiques pour protéger le South Penrhyn Basin, une vaste région sous-marine du Pacifique Sud convoitée pour ses ressources minérales.

À l’origine de cette demande figure un projet d’exploration porté par la société américaine American Deep Sea Minerals Inc., actuellement examiné par l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA). L’entreprise souhaite obtenir une licence d’exploration de nodules polymétalliques dans une zone de haute mer située entre les zones économiques exclusives des îles Cook, de Kiribati et de la Polynésie française.

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Une exploitation qui créerait des perturbations dans l’aire marine protégée Tainui Atea

Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse largement le cadre d’un projet minier. Le secteur visé jouxte directement la réserve intégrale de la Société Ouest, intégrée au réseau d’aires marines protégées Tainui Atea créé en septembre dernier dans le prolongement des engagements pris lors de la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC3).

Selon le Pays, le South Penrhyn Basin présente des caractéristiques écologiques similaires à celles de cette aire protégée. Les deux zones appartiennent au même ensemble océanographique et abritent des habitats profonds comparables. Elles sont également fréquentées par plusieurs espèces migratrices protégées dans les eaux polynésiennes, parmi lesquelles des requins, des raies et des tortues marines.

Les autorités polynésiennes estiment que les opérations d’exploration, puis une éventuelle exploitation minière, pourraient provoquer des perturbations physiques, acoustiques et sédimentaires susceptibles d’affecter durablement ces écosystèmes et les continuités écologiques entre les différentes zones.

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Un gisement parmi les plus convoités au monde

Situé à près de 5 000 mètres de profondeur, le Penrhyn Basin couvre plusieurs centaines de milliers de kilomètres carrés. Réputé pour ses importantes concentrations de cobalt, de nickel et de cuivre sous forme de nodules polymétalliques, il est considéré comme l’un des secteurs les plus prometteurs au monde pour l’exploitation minière des grands fonds, après la zone de Clarion-Clipperton dans le Pacifique central.

Le gouvernement souligne toutefois que la demande américaine est instruite dans le seul cadre de la législation des États-Unis, sans passer par l’Autorité internationale des fonds marins, pourtant compétente pour encadrer les activités menées dans les fonds marins internationaux.

Le Pays sollicite une intervention de l’État

Au-delà des enjeux environnementaux, le Pays rappelle que cette partie du Pacifique est déjà soumise à une forte pression liée à la pêche industrielle à la senne et à l’utilisation de dispositifs de concentration de poissons dérivants. L’ouverture d’un chantier d’exploration minière ajouterait, selon lui, une nouvelle pression sur un espace stratégique pour les ressources halieutiques de la région.

Le gouvernement souligne également que cette poche de haute mer figurait parmi les secteurs identifiés pour devenir, à terme, une aire marine protégée dans le cadre de la mise en œuvre du traité international BBNJ, consacré à la protection de la biodiversité en haute mer.

Par ce vœu, l’exécutif demande à l’État français d’intervenir auprès des autorités américaines afin d’obtenir la suspension, voire le rejet, de la demande déposée par American Deep Sea Minerals Inc. Il souhaite également que la France réaffirme son attachement au cadre multilatéral de l’Autorité internationale des fonds marins, exige la consultation des États et territoires riverains avant toute décision et soutienne la création d’une aire marine protégée dans cette zone de haute mer.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la politique menée par la Polynésie française en faveur de la protection des océans, illustrée ces derniers mois par la création du réseau d’aires marines protégées Tainui Atea et par son opposition répétée à toute exploitation minière des fonds marins dans sa propre zone économique exclusive.

Par Radio 1.