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En Nouvelle-Calédonie et en Polynésie, les policiers municipaux désormais autorisés à porter des armes de poing
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Un décret adopté le lundi 28 septembre modifie, à compter du 9 octobre, l’armement des agents de police municipale en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie. Les communes pourront désormais doter ces derniers d’armes de poing, comme c’est déjà le cas dans l’Hexagone. Le député Nicolas Metzdorf évoque « une victoire pour ceux qui nous protègent ». Un sujet de notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.

Les armes à feu pourraient bientôt faire leur apparition à la ceinture des policiers municipaux calédoniens et polynésiens. Un décret, publié le lundi 28 septembre au Journal officiel, modifie l’armement des agents de police municipale en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie. Contrairement à l’Hexagone, où la loi l’autorise depuis novembre 2016 à la suite de l’attentat de Nice, les policiers municipaux des deux territoires n’étaient pas autorisés à s’équiper d’armes de poing.

Le texte, signé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, et la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, fait évoluer le livre V du Code de la sécurité intérieure pour permettre aux agents calédoniens d’être dotés de revolvers ou de pistolets de calibre 9 mm. 

Six communes calédoniennes disposent d’une police municipale et sont donc concernées par le décret : Nouméa, Dumbéa, le Mont-Dore, Païta, Bourail et La Foa. En Polynésie française, la création d'une police municipale est une compétence obligatoire pour l'ensemble des 48 communes. Toutefois, la taille et la structure de ces services varient fortement d'une île à l'autre, en fonction notamment du nombre d’habitants. Certaines îles très peu peuplées ne disposent que d'un agent de surveillance de la voie publique (ASVP). Assermenté et travaillant avec la police municipale, il n'est pas armé et ne dispose pas des mêmes prérogatives de sécurité publique. 

Une « avancée majeure », s’est réjoui le député Nicolas Metzdorf, engagé depuis plusieurs mois sur le sujet. Le parlementaire justifiait sa requête par l’expérience des émeutes de mai 2024, où les policiers municipaux « qui nous ont aidés à tenir, nuit après nuit, face à des émeutiers armés », étaient, selon lui, insuffisamment équipés. « On leur demandait le courage des autres forces de l’ordre, sans leur en donner les moyens ». Pour Nicolas Metzdorf, la mesure est par conséquent « une victoire pour ceux qui nous protègent ».

La question des moyens

Pour autant, les policiers municipaux n’étaient pas complètement démunis jusqu’ici. Les agents étaient en effet autorisés à porter sur eux des armes non létales (Flash-ball, LBD…), ainsi que des pistolets à impulsion électrique, des bombes lacrymogènes et des matraques. Si la mairie de Nouméa avait doté dès 2017 ses policiers de l’ensemble de cet arsenal disponible, ce n’était pas le cas dans les six communes concernées. Dumbéa, Païta et plus récemment le Mont-Dore ont fait l’acquisition de quelques Flash-ball ces dernières années.

De même, l’autorisation de l’État ne signifie pas que les agents seront immédiatement munis de pistolets. Ce sera en effet aux communes de le décider, par une délibération du conseil municipal, et de prendre en charge la formation des policiers qui seront habilités à en porter. La question sera donc surtout celle des moyens disponibles dans les caisses des municipalités. C’est ce que relève Cynthia Jan, maire de Dumbéa, dans un communiqué publié ce mercredi 30 septembre. 

L’évolution permise par l’État « soulève aussi une question très concrète : celle des moyens financiers des communes, dans une période où leurs budgets sont particulièrement contraints, fait remarquer l’élue. Si l’État leur permet aujourd’hui de mieux protéger leurs policiers municipaux, il faudra donc également veiller à ce qu’elles aient les moyens de former leurs agents et de mettre en œuvre cette mesure dans de bonnes conditions. »

Baptiste Gouret pour Les Nouvelles Calédoniennes